Sociologie : égo, éthique, engagement

La semaine dernière, j’ai passé un certain temps à parcourir le récent webzine féministe L’Echo des Sorcières. J’y ai lu de nombreux articles qui m’ont fait toujours réfléchir, souvent me remettre en question, et dont un en particulier m’a fait l’effet d’une vraie gifle. Une gifle belle, cinglante, et je pense, indispensable. Il s’agit d’une traduction de cet article intitulé « Fuck you and fuck your fucking thesis : why I will not participate in Trans studies » (on ne peut plus clair). La traduction en français est disponible ici sous le titre « Chèr-e-s cis, arrêtez de nous étudier ! » L’article original comme la traduction ont été rédigés par des femmes trans féministes militantes.

L’auteur y explique pourquoi elle ne répondra pas aux demandes récurrentes émanant d’étudiants qui souhaitent travailler sur la transidentité… elle y expose les raisons de sa rancoeur et ses griefs vis à vis de ces études et de la façon dont elles sont menées. Ce coup de gueule a suscité chez moi une double remise en question, à la fois comme personne cisgenre (et à ce titre détentrice d’une certain privilège), et en tant qu’ étudiante en sciences humaines et sociales. Je tenais donc à vous faire part de toutes les réflexions qui m’ont traversé l’esprit après cette lecture. Il ne s’agit évidemment en aucun cas d’un jugement de valeur vis à vis des propos tenus ou d’un « commentaire » de ces propos, simplement d’un témoignage quant aux réflexions qu’il m’a inspirées sur la démarche de recherche et de son apprentissage.

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Bannière du site L’Echo des Sorcières

Des reproches qui font mal… (et des neurones fumants)

Ma réaction à chaud à la lecture de cet article est facilement résumable en trois lettres : « AÏE »… Si ce texte m’a particulièrement atteint, c’est qu’il pourrait m’avoir été adressé personnellement. Toutes les conditions sont remplies pour que je m’identifie à l’interlocuteur supposé, c’est à dire l’étudiant(e) en SHS qui veut étudier des « phénomènes intéressants », des groupes sociaux qui lui sont étrangers, avec tout un tas de bonnes intentions et peu de questionnements sur le bien fondé de sa démarche (je forcis volontairement le trait, j’espère m’être posé un peu plus de questions…mais manifestement pas assez). Pour tout dire, j’ai même réfléchi sérieusement à travailler sur la question de la transidentité. Bref, je fais partie des « branleurs » et des futurs « chercheurs de merde » dénoncés dans ce pamphlet.

S’en est suivi une tentative désespérée de réduction de la dissonance cognitive. En clair : me chercher des excuses pour me convaincre que je ne faisais pas partie des personnes « visées », que ma démarche ne pourrait pas être comprise de cette façon.  Que je ne faisais pas partie des ces étudiants se prenant pour le « chevalier blanc » mais enchaînant les maladresses et ayant si peu de recul sur leur posture et les conséquences de celles-ci…Après avoir lu l’article une première fois, je me persuadais que le problème résidait dans le manque de tact, dans la prise de contact,  dans  la façon d’aborder les choses, ou dans le contenu même du questionnaire et de l’enquête…ça ne pouvait pas me concerner moi.

[   vous pouvez sentir mon désarroi sur le moment à la lecture de mes commentaires...   ]

Je me suis toutefois bien vite rendue compte qu’il ne s’agissait pas seulement de reproches adressés à des personnes isolées mais d’un problème plus profond qui engageait une réflexion sur la sociologie, ses méthodes, son éthique. Ce sentiment encore un peu flou n’arrangeait rien à mon désarroi et je restais donc plantée là : figée dans un cri muet de défense de la sociologie et de son utilité, cruellement attaquées… Blessée, mais ni agacée, ni en colère, ni prête pour autant à ranger l’article pour l’oublier. Je me suis donc secouée et j’ai lu et relu l’article pour essayer de comprendre ce qui me chamboulait autant dans cette lecture, et les leçons que je pouvais en tirer.

Une leçon d’humilité pour apprentis chercheurs

Une leçon d’humilité, oui, mais plus encore, cet article m’a parfois rendu un peu honteuse. Deux aspects m’ont particulièrement saisi à la relecture de cet article : la façon dont il témoigne de la grande violence que peuvent constituer la multiplication des études, d’autant plus quand elles semblent dépourvues de sens, et le constat de l’échec relatif de la sociologie dans ce contexte.  Cela nous conduit fatalement à relativiser le caractère indispensable (et même l’utilité) de ces recherches.

L’article exprime avec une grande force le caractère violent de ces études qui se succèdent (« Nous avons été interrogées, échantillonnées, testées, on a croisé les données, on nous a soumises à des expériences, à des protocoles médicaux, profondément blessées, examinées et disséquées post-mortem »). L’auteur manifeste son ras le bol et son refus d’être « le matériel » de travail de ces étudiants. Le terme est fort, il en dit long. Quand la recherche se fait dans l’oubli de l’éthique et du ressenti des personnes concernées, lorsqu’on travaille « sur » et pas « avec » des personnes, on produit trop souvent chez celles-ci le sentiment d’être devenu un objet, voire une bête de foire…Pas étonnant dès lors qu’elles ne fassent pas ou plus confiance, et que l’auteur l’explique dès le début de l’article :

« Je ne comprends pas ce que vous essayez de faire. Je ne vous fais pas confiance. »

Plus loin, l’auteur s’adresse aux étudiants et aux chercheurs :

 » (…) mais vous ne nous avez jamais écoutées et c’est ce que vous devez faire aujourd’hui »

Voilà une des phrases qui m’a le plus fait réfléchir. Pourquoi ? Parce qu’elle résume l’échec suprême de la sociologie dans ce contexte. Lorsqu’une démarche qui devrait consister à écouter, prendre en compte et comprendre le vécu d’individus se trouve incapable d’entendre leur voix et d’en tirer les conséquences, il y a un immense problème. On s’attendrait, naïvement, à ce que les enseignants discutent de tout ça avec leurs étudiants, les mettent en garde contre des comportements déplacés, voir les orientent sur d’autres sujets de recherche, bref qu’ils leur parlent d’éthique. Manifestement, ce n’est pas ce qui se passe, ou trop rarement….Sinon comment expliquer qu’autant d’étudiants s’empressent de contacter des personnes transgenre, souvent directement et sans s’adresser au préalable à une association ou à des chercheurs qui pourraient les informer de ces enjeux ?  Je me pose d’autant plus la question que, comme le souligne l’article, « les femmes trans ont déjà été étudiées »… »

« Nous n’avons pas besoin de vous, nous n’avons pas besoin de votre thèse  » !

Or en tant qu’étudiants nos travaux, aussi passionnants soient-ils, font avant tout partie de notre formation universitaire et sont rarement susceptibles de révolutionner la recherche sur un sujet ! Est-ce vraiment la peine de solliciter dans cette perspective des personnes qui souvent souffrent et luttent au quotidien, qui plus est sans réflexion préalable sur la pénibilité que cela représente pour elles … ? Quand bien même ce serait une thèse plus poussée, il me semble que cela ne dispense en aucun cas de se poser ces questions fondamentales, de s’interroger sur sa place, le bien fondé de la démarche  adoptée, l’utilité même de cette démarche. Ce qui m’amène à m’interroger une fois de plus sur la place de l’éthique et de l’engagement dans la posture de recherche.

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Logo de l’Observatoire des Transidentités

Éthique et engagement

Cet article nous confronte donc à la fois à la question de l’utilité et à la question de l’engagement :

«  qu’est ce que vous faites pour moi? » « pensez vous que cela fasse une différence ? »

Plus je le relis, plus je me dis qu’il faudrait le faire lire à tous les étudiants en sciences humaines et les faire réfléchir dessus. Nous n’avons pas assez de recul sur notre propre discipline, sur la démarche dans laquelle nous nous inscrivons. Car oui, en effet, que changent nos mémoires et nos thèses au quotidien de toutes ces personnes ? Les avons nous aidées ? Pouvons-nous nous contenter de déclarer, à tort ou à raison, que « oui mais sur le long terme cet apport de connaissances sera utile » ? Je ne le pense pas.

L’article montre bien ce décalage douloureux entre les ambitions (devrais-je dire les illusions ?) des apprentis chercheurs et la réalité des besoins urgents et quotidiens : logement, emploi, lutte contre les violences et discriminations, bref, action sociale… Le chercheur se voit bien inutile dans un tel contexte et il ferait bien de s’en rappeler. A un moment ou l’autre, il faut faire face à  une réalité fondamentale, celle de notre inutilité potentielle…et le plus tôt sera le mieux. Cela aide entre autres à garder une posture humble, à se souvenir que les personnes avec lesquelles nous travaillons consentent à partager leur vécu, leur opinion, bref quelque chose que nous ne possédons pas et sans lequel nous ne pouvons rien faire. Nous sommes dans une posture perpétuelle d’apprentissage (et ça ne concerne pas que les étudiants !).

En tant qu’étudiants en sciences humaines, j’ai le sentiment qu’on nous a un peu « vendu » l’idée selon laquelle faire de la recherche était un engagement en soi, un outil précieux pour  produire des connaissances et accroître notre compréhension du monde, le rendre meilleur…Ce n’est pas entièrement faux bien entendu, et si on se dirige dans cette voie c’est qu’on y croit un minimum. Mais je suis convaincue que cette démarche ne se suffit pas à elle même lorsque notre objet de recherche met en jeu des dynamiques sociales de domination, d’inégalités, de violence. Il me paraît vraiment compliqué de s’en tenir à ça et de se dire « Je fais de la recherche, donc je fais ma part. » De mon point de vue, et je suis bien consciente que ce ne sera pas partagé par tout le monde, s’engager dans un travail de recherche aux côtés de personnes qui subissent une oppression nécessite au minimum de s’engager aussi à leurs côtés dans ces luttes. Il me semble à la fois illusoire et peu souhaitable de garder une « neutralité » dans ce contexte. Cette neutralité fantasmée se heurte à des impératifs éthiques. Ce qui ne signifie pas, évidemment, qu’on doit renoncer à produire un travail scientifique rigoureux…

[EDIT] Suite à plusieurs remarques, je me rends compte que je n’ai pas été claire sur ces notions de neutralité et d’engagement. Je n’entends pas par là que la recherche elle même doit renoncer à son objectif de rendre compte d’une réalité sociale le plus fidèlement et avec le moins de biais possible ! Comme on me l’a fait justement remarquer, un sociologue n’est pas un moraliste, et ses travaux eux même n’ont pas de visée normative. Si je parle d’engagement, c’est un engagement plus personnel, qui lui peut en revanche se construire à partir des faits mis en évidence. Je parlais donc de non neutralité du chercheur en tant que personne confrontée à des luttes contre des discriminations, des oppressions, et pas en tant que sociologue producteur de connaissances scientifiques.

Savoir (parfois) s’abstenir

Vous me direz, tout chercheur ne s’en tient pas à ça, et il y en a même un certain nombre qui sont par ailleurs très engagés et militants (de mon point de vue, les chercheurs qui travaillent sur les inégalités sociales ont d’ailleurs un rôle fondamental). Je le reconnais très volontiers.  Ceci étant dit, il faut préciser immédiatement que cela ne résout pas tout… Et c’est sans doute pour moi l’enseignement principal de cet article.

Pour faire simple : n’importe qui ne peut pas s’engager n’importe comment pour n’importe quelle cause car cela n’a pas le même sens…et la bonne volonté ne suffit pas toujours.  Le rôle du sociologue est d’écouter, d’analyser et de comprendre. Mais comme je viens de l’évoquer, ce rôle devrait aussi être de faire entendre la voix de ceux qui luttent contre une domination sociale, des violences, des atteintes à leurs droits. Or pour qu’une voix soit entendue, il faut parfois savoir s’abstenir. Laisser la place. Ce n’est pas facile à entendre, surtout si on est sincèrement convaincus du bien fondé de sa démarche, et de tout ce qu’on pourrait apporter à une cause…

Car écouter, c’est aussi écouter la voix qui nous dit qu’elle n’a pas besoin de nous. C’est parfois accepter de n’être pas indispensable et chercher un moyen plus pertinent de contribuer à une cause, d’en être un bon « allié ». En l’occurrence, les chercheurs trans paraissent effectivement à bien des égards les mieux placés pour travailler avec des personnes dont ils connaissent le vécu (en tout cas infiniment mieux qu’une personne cisgenre) et qui ont bien davantage de raisons de leur accorder leur confiance. Pas évident puisque comme le rappelle l’article les personnes trans affrontent un vrai parcours du combattant pour terminer leurs études universitaires… Un constat qui m’évoque cette citation entendue dans le récent documentaire sur l’oeuvre d’Howard Zinn, qui peut être étendue à d’autres situations :

« L’avantage des pauvres sur les sociologues, c’est qu’ils savent de quoi ils parlent. Encore faut-il qu’ils parlent… »

 Cela ne signifie pas d’ailleurs qu’on doit renoncer totalement à travailler sur des enjeux qui nous touchent : il y a d’autres angles possibles qui sont moins déplacés, moins intrusifs, moins…oppressifs. Dans ce cas précis, travailler « sur » les personnes qui vivent la transidentité n’est pas la seule voie de recherche ! Ainsi, par exemple,  l’auteur interpelle : « Vous vous êtes déjà demandé si vous pourriez vous étudier vous-mêmes ? Pourquoi les personnes non-trans ont-elles un énorme problème avec nous ? »  S’intéresser à ses propres préjugés, en tout cas à ceux de personnes qui nous ressemblent beaucoup, voilà qui semble déjà moins problématique (mais je me trompe peut être).

Conclusion

Il y aurait tant d’aspects à soulever vis à vis de ces questions qu’on pourrait écrire des ouvrages entiers (ce qui a sûrement déjà été fait). Je ne prétends évidemment pas avoir livré ici une analyse en profondeur de ces enjeux. Je tenais simplement à partager avec vous ces interrogations, sans pour autant détenir de réponses claires et définitives…La seule chose dont je suis certaine c’est que nous n’avons pas encore suffisamment à l’esprit qu’une posture de recherche peut aussi être une relation de domination, notamment dans la relation enquêteur-enquêté. Position dominante de la personne très diplômée sur celle qui n’a aucun diplôme, de la personne cisgenre dans une situation sociale confortable sur une personne trans trop souvent précaire, de la personne blanche valide sur la personne racisée ou non valide… liste évidemment non exhaustive. A cet égard, il me semble donc qu’il y aurait un double manque à combler afin d’adopter un regard plus prudent sur notre posture : à la fois celui de l’apprentissage de la pensée critique appliquée à sa propre discipline, et celui d’une vision éthique qui fait souvent cruellement défaut.

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5 commentaires

  1. Bon article mesuré et frais ! Deux interrogations me viennent, quand la sociologie cessera de croire qu’elle puisse être une science « dure » ? C’est une chimère qu’a tenté l’économie en ajoutant des mathématiques dans ses théories… ( Dsl c’est dur comme constat )
    La deuxième serait plus adressée aux psychologues, mais les sociologues sont également concernés, aborder l’humain nécessite une bonne connaissance de soi et de ses « chantiers », de ses « blessures », à quand une thérapie fortement conseillée en fin de cycle pour savoir identifier ses peurs et ses biais de dissonance cognitifs.

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    1. Je suis assez d’accord sur le fait qu’il faudrait en tout cas des cycles de réflexion sur ces aspects humains en sociologie ! après je ne pense pas que la sociologie dans son ensemble considère qu’elle puisse être une science dure, elle a ses propres protocoles pour évaluer la rigueur des travaux fournis (malheureusement y’a encore pas mal de ratés je te l’accorde) 🙂

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  2. J’ai un petit reproche à faire au fond de l’article original, la personne a l’air de penser qu’une étude a forcément un but X ou Y.

    Pourtant (à mon sens) ça n’est pas forcément le cas : si la sociologie a vocation à être une science alors il est nécessaire d’y adjoindre la recherche fondamentale. Cette dernière ayant vocation à directement décrire le monde, sans forcément chercher de moyen direct d’appliquer cette connaissance à une technologie (dans le cas des sciences sociales, les technologies se pourraient être par exemple des applications dans le domaine de l’éducation).

    De plus, la science avance souvent lorsque l’on remarque un élément étrange, qui s’écarte de la norme. Qu’il s’agisse d’une particule manquante à la sortie d’une réaction, d’un comportement inhabituel chez un animal ou encore d’un bug récurrent à heure fixe dans un programme, on peut réaliser de belles découvertes chaque fois qu’un chercheur se dit « tiens, ça c’est drôle… ».

    Et les trans sont exactement cela : des personnes qui s’écartent de la norme, et qui plus est en mêlant biologie et psychologie. Ce qui peut forcer la curiosité des chercheurs (la liste des études est d’ailleurs assez parlante).

    D’un autre coté, il est absolument normal d’être lassé d’être la cible constante de l’attention de chercheurs, post-doc et conférenciers en blouse, qui ne sont pas exactement connus pour être des modèles de tact et de diplomatie…

    Pour moi, les arguments de cette personne ne sont pas bons car :
    1 – elle ne sait pas si quelque-chose d’utile (pour elle ou pour tous) pourrait émerger d’une étude qui la prendrait comme sujet parmi d’autres (et le chercheur n’en sait rien non plus)
    2 – elle confond la recherche avec l’application qui en découlerait.

    Bien sûr, cela ne dispense pas d’être éthique ni de savoir présenter honnêtement son travail, en effet les thèses d’étudiants ne révolutionnent que rarement un domaine. Mais il faut pourtant bien acquérir de la connaissance. Ou les trans devraient-ils devenir des « tabous scientifiques » dont ils seraient les seuls à pouvoir parler ?

    Pas le meilleur moyen de faire avancer les choses je pense, une fois de plus la réalité est plus nuancée : oui il est parfaitement normal d’être excédé d’être trop scruté, mais non, ce n’est pas une bonne raison pour refuser systématiquement toute étude au motif « qu’elle ne m’apportera rien d’utile ».

    Quand bien même ce serait vrai, l’ignorance n’apportera rien d’utile non plus. 😉

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    1. Bonjour, je t’ai déjà répondu en privé mais je pense précisément qu’il faut s’abstenir de décortiquer l’article d’origine pour savoir si elle a « tort » ou « raison ». D’une part, l’enjeu n’est pas exactement là, d’autre part il me paraît assez peu pertinent voire déplacé d’appliquer un raisonnement rationnel et froid à un article écrit par une personne en colère, en souffrance, et qui connait infiniment mieux que nous ce que vivent les personnes trans. Cela étant dit, l’article ne remet pas à mes yeux en question l’utilité de la recherche fondamentale, elle dit elle même à la fin qu’on a besoin de données. C’est bien la manière de les produire, l’angle adopté, les personnes qui les produisent et leur démarche qui est interrogée. Ce qu’elle dit, ce n’est pas qu’elle sait ou non si ça va être utile, c’est qu’elle s’en fout, qu’elle emmerde les personnes qui la sollicitent et qu’elle veut qu’on leur foute la paix. On ne peut plus clair. Comme j’essayais de le montrer, d’une part il y a déjà énormément de recherches de disponibles,largement assez pour avoir une idée des enjeux fondamentaux autour de la question, et d’autre part il y a une manière d’aborder ces recherches. Mais sinon, la question que tu poses, on peut réfléchir dessus : effectivement, tout est -il bon à étudier de cette façon, est ce que ce sont les trans qui sont « bizarre » ou est ce qu’on ne pourrait pas aussi se demander si ce réflexe de vouloir absolument étudier les trans n’a pas aussi quelque chose de « bizarre »…ça aussi on pourrait l’étudier, c’est d’ailleurs ce qu’elle dit 🙂 bref je pense en tout cas que face à un tel article, c’est une erreur de s’en tenir à « oui elle a un peu raison mais non, elle n’a pas raison ». C’est ce que j’essayais de faire passer dans mon témoignage, je n’ai peut être pas entièrement réussi : parfois il faut renoncer à la tentative de donner son avis en termes de « raison » ou « tort » et tirer des leçons d’une manière différente

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