Les mots indispensables pour parler du sexisme

Dans mon article précédent, je vous présentais l’album Riposte ! comment répondre à la bêtise ordinaire, publié aux éditions Syros, et j’évoquais d’autres ouvrages du même éditeur destinés davantage aux adolescents. Parmi eux, deux livres construits selon la même logique. :  Les mots indispensables pour parler du sexisme et Les mots indispensables pour parler du racisme. Je vous livre ici mes impressions sur le premier des deux, dont il est possible de feuilleter quelques pages en ligne. Le blog Fille d’Album lui a consacré un article dont je vous recommande vivement la lecture, dans lequel sont d’ailleurs citées d’autres critiques publiées sur différents blogs et médias. La plupart de ces critiques sont très élogieuses (et ça se comprend !). Dans cet article je développerai donc un peu plus les points qui ont pu me gêner malgré ses qualités certaines.

Parmi les points forts : dans l’ensemble, en ce qui concerne la forme on peut dire que le bouquin est vraiment bien foutu, tout comme son équivalent sur le racisme. Ils sont clairs, il y a un système de renvoi efficace inspiré des encyclopédies : pour chaque concept abordé, le lecteur est renvoyé à des articles connexes. On peut donc naviguer dans l’ouvrage sans le lire de manière linéaire.  Il arrive aussi à rester clair et concis sur des sujets parfois délicats. Pour un format poche, il faut avouer qu’il contient vraiment pas mal d’informations en restant très agréable à parcourir, ce qui en fait un type d’ouvrage idéal pour faire découvrir ces enjeux à des adolescents (cette remarque étant valables pour les deux livres).

Dans les deux livres, chaque article contient des références pour creuser le sujet abordé : des références à lire, et des références à voir (films). Elles sont dans l’ensemble pertinentes et diversifiées, et recouvrent des points de vue différents sur un même thème. Je regrette seulement qu’elles soient souvent très « universitaires » et, il me semble, pas accessibles à tout le monde. Toutefois, une signalétique permet quand même de savoir à quel public s’adressent les références : ■ à partir du collège, ● à partir du lycée, ou ▲ pour un public adulte.

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La version sur le sexisme contient aussi quelques portraits de femmes de différents milieux et de différentes époques, ce qui est assez plaisant : Simone de Beauvoir, Angela Davis, Marguerite Durand, Olympe de Gouges, Louise Michel et Virginia Woolf (bien d’autres choix auraient pu être faits cependant).

Venons en maintenant à la partie plus critique… J’ai choisi de centrer mon propos sur quelques articles dont le contenu a pu m’interpeller, voire me sembler très problématique parfois. Je développerai donc pour chacun de ces articles les sentiments parfois contradictoires qu’ils m’ont inspirés.

Masculinisme : les auteurs ont choisi de faire apparaître dans leur livre une référence au mouvement masculiniste, ce qui peut effectivement sembler important. Problème : l’article renvoie purement et simplement dos à dos féministes et masculinistes… ces derniers lutteraient eux aussi contre des discriminations propres aux hommes, et connaîtraient seulement parfois des dérives (mais pas plus que le féminisme !). Le regard porté sur le masculinisme est donc teinté d’une symétrie qui m’a semblé artificielle, et un peu dangereuse : en effet le masculinisme, c’est loin de n’être que ça… il est difficile de nier l’anti-féminisme plus ou moins explicite dans les mouvements masculinistes qui se font le plus entendre ! Allant jusqu’à attaquer parfois violemment des militantes féministes. Or si l’article rappelle bien que les féministes ont utilisé le mot « masculinistes » pour décrire leurs opposants, et s’il rappelle aussi que le masculinisme a pris de l’ampleur au moment des grandes avancées en termes d’égalité, il fait quand même du masculinisme l’alter ego du féminisme : deux discriminations, deux combats. Il démarre ainsi de cette façon : « Plus rare, le sexisme envers les hommes existe. Construit sur le modèle de misogynie, le mot misandrie (…) désigne l’hostilité envers le genre masculin. Pour lutter contre cette forme de sexisme, des organisations se sont constituées : les mouvements masculinistes« . Voilà donc légitimé l’argumentaire masculiniste sur la misandrie…

(NB : sur la question du masculinisme, on pourra se reporter à l’article de Francis Dupuis-Déri que l’on peut télécharger ici )

Féminisme : Cet article propose une histoire du féminisme, plus exactement du féminisme français. Il décrit les différentes vagues du féminisme et s’intéresse aussi à l’apparition du terme de féminisme et à son évolution. Qu’aurai-je alors à reprocher à l’article ? Et bien, j’ai quand même trouvé que cela restait une histoire très blanche du féminisme, pas une petite phrase pour les féministes racisées et l’histoire de leur lutte en France. La fin de l’article ouvre sur la troisième vague et l’actualité du féminisme et cite à cette occasion différentes organisations et mouvements pour illustrer cette troisième vague : Mix-Cité, La Barbe, Osez-le-féminisme, les Femen, et Ni Putes Ni Soumises. Alors que cette période (qu’on peut faire remonter à la louche aux années 90) voit gagner en visibilité les réflexions sur l’intersectionnalité, j’ai trouvé plus que dommage que cet aspect n’ait pas été présenté (l’intersectionnalité est seulement évoquée à demi mots dans l’article sur Angela Davis). De manière générale, l’ouvrage me semble partager une vision du féminisme qui reste assez convenue et n’insiste peut être pas assez sur la diversité du mouvement. Un féminisme qui me paraît aussi plutôt abolitionniste, ce qui m’amène à l’article suivant : Prostitution.

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Prostitution : Au premier abord, et si l’on est pas très familier des débats sur la prostitution (ou le travail du sexe, selon le terme employé), cet article peut sembler ne poser aucun problème. Il m’a fallu un peu de temps pour identifier ce qui m’avait gênée dès la première lecture de l’article. D’emblée, il faut dire que celui-ci ne prend pas ouvertement parti (ce qui est une bonne chose) et qualifie la question d’épineuse. L’article explique ensuite que les prostitué.e.s sont en majorité des femmes, en nuançant, et que la prostitution a été historiquement un instrument de la domination masculine. Il rappelle le problème que pose la vision d’une sexualité masculine basée sur des pulsions, des besoins que n’auraient pas les femmes. La situation actuelle est résumée de la façon suivante : « Aujourd’hui, dans les pays dits développés, les prostitué.e.s sont constitué.e.s en majorité de femmes étrangères sans papiers, souvent exploitée par des réseaux mafieux. Il existe cependant des femmes (en majorité) qui affirment avoir choisi ce métier, ou s’en être accomodées ». Une fois cette introduction passée, il ne reste qu’un petit paragraphe pour exposer le vif débat autour de la prostitution. C’est là que le bât blesse, car les arguments ne sont que peu détaillés, voire même pas cités. Le paragraphe en question souligne que tout le monde s’accorde sur la nécessité de lutter contre les réseaux de traite des êtres humains mais que « les pays européens ont adopté des politiques différentes ». Ce sont ces politiques qui sont citées pour illustrer les différentes positions existantes,  qu’elles ne recouvrent pourtant pas totalement. Et à cette occasion, de manière un peu insidieuse, la position « réglementariste » (« pour les réglementaristes, l’Etat doit encadrer la prostitution ») se voit réduite aux maisons closes en Allemagne et aux Pays-Bas (« avec le risque de revenir à une forme d’exploitation »). Face à cela, la France et les pays scandinaves sont présentés comme incarnant la position abolitionniste et ses valeurs, sur lesquelles se clôt l’article : « C’est la position abolitionniste : le corps humain ne saurait en aucun cas être échangé contre de l’argent ». Ce choix et les omissions qui vont avec donnent ainsi du débat une vision très binaire ; maisons closes contre abolition à la suédoise. L’article n’expose pas les arguments des opposants à l’abolitionnisme, alors qu’il se clôt sur les valeurs de l’abolitionnisme et lui donne ainsi une visibilité et une légitimité accrues. Il n’évoque pas non plus les luttes des travailleur.ses du sexe elles même. Il me semble qu’il aurait été tout à fait possible de consacrer une page de plus à cette question d’importance (d’autres articles ont droit à des doubles pages), et de la couvrir de manière moins partielle, et partiale…

Viol : concernant cet article, je me dois d’insister sur le fait que je l’ai beaucoup apprécié dans l’ensemble. C’est même un des articles que j’ai trouvé les plus complets et pertinents. Il donne une série de statistiques sur les viols (dont les sources ne sont cependant pas précisées clairement) et en rappelle la définition juridique. Il développe ensuite les représentations qui existent sur cette question et les réactions qu’elles impliquent : la minimisation, le doute qui est souvent jeté sur la victime, parfois même la responsabilité qui lui est imputée, et la vision de la sexualité masculine qu’il y a derrière. À cause de tout cela, aller au bout d’une procédure de plainte pour viol demande énormément de courage, d’autant plus que cela oblige aussi la victime à se remémorer l’agression. L’article explique enfin en quoi le viol est un crime sexiste en évoquant à cette occasion les viols commis pendant les guerres (sans oublier de rappeler que des hommes aussi sont violés).

Finalement, en guise de propos critique, un seul aspect en particulier m’aurait semblé pouvoir être amélioré. Il s’agit des explications sur ce qu’est le consentement, et la vision que l’on peut en avoir. Une vaste mais fondamentale question…qui mériterait en fait peut être un article à elle seule. En effet, cet article ci explique ce qu’est un viol, et ce qui se passe à la suite de telles agressions (procédures, réactions, jugement moral…). Il ne s’intéresse que peu à ce qui se passe avant, c’est à dire aux causes des viols, aux mécanismes qui conduisent à le banaliser, au manque d’éducation au consentement, entre autres choses. Je regrette de ne pas avoir trouvé de telles explications dans ce livre, d’autant plus qu’il s’adresse en premier lieu à des adolescents.

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Films X : comme pour l’article sur la prostitution, deux approches de la question sont exposées dans le premier paragraphe, d’une manière très binaire. L’approche qui considère que « la pornographie n’est en rien responsable du sexisme » et que « s’opposer à elle, c’est entrer dans le jeu des valeurs conservatrices », et celle (plus répandue selon l’auteur) pour qui les films pornographiques sont déshumanisants et propagent un modèle de soumission de la femme et de domination de l’homme, modèle qui serait à la base des violences sexuelles. Toutefois, le second paragraphe ne va là encore insister que sur la seconde position en appuyant sur le fait que « pour de nombreux mouvements féministes, la pornographie représente la quintessence de l’oppression des femmes ». S’ensuit une citation qui m’a laissée pantoise : « Selon une formule célèbre, ‘la pornographie est la théorie, le viol est la pratique' ». L’auteur commente sans plus de détails ni nuances que « cette appréciation s’avère souvent juste ».

Et qu’en est-il pour les autres mouvements ? Développent-ils une approche différente de la pornographie ? Et d’abord, de quelle pornographie parle-t-on depuis le début de l’article, de quelle pornographie parle-t-on en particulier lorsqu’il s’agit de la présenter comme faisant l’apologie du viol ? On n’en saura rien. Celle-ci est présentée comme un bloc homogène renvoyant toujours la même image des femmes. Rien n’est dit à propos des conditions de production des films pornographiques. Aucune distinction n’est faite entre l’industrie de masse (Dorcel et compagnie) et les films indépendants… aucune distinction n’est faite entre les contenus mêmes.  L’article ne fait enfin et surtout pas mention de la pornographie féministe qui existe pourtant bel et bien. Seul ouvrage d’Ovidie se cache en petits caractères dans les références.  Ne pas évoquer le fait qu’il existe une pornographie féministe engagée, radicalement différente dans les messages qu’elle envoie, c’est pour moi un peu le comble lorsque l’article reconnaît par ailleurs que beaucoup d’adolescents sont attirés par les films pornographiques et n’envisage pas de les en dissuader ! L’article se contente de conclure sur la nécessité de remettre en perspective l’acte sexuel tel que présenté dans les films pornographiques, en rappelant que la sexualité « est faite de sentiments, d’échanges, et de partages ». Une vision que l’on n’a pas très envie de contredire, mais qui reste teintée d’une touche de moralisme… doit-on y voir l’explication du silence sur la réappropriation féministe de la pornographie ?

Zizi/Zezette : Cet article cloture l’ouvrage. On peut se demander si le choix d’un article « zizi/zezette » était pertinent dans le cadre d’un ouvrage qui semble davantage destiné aux adolescents qu’à de jeunes enfants, mais soit, pourquoi pas. Ce n’est évidemment pas ce qui m’a posé vraiment problème, en revanche plusieurs passages (non sourcés) m’ont un peu étonnée…comme lorsque l’auteur pose comme une généralité le fait que pour tout petit garçon, le zizi est « un alter ego, un autre moi. » Elle parle immédiatement après (toujours comme d’une généralité) l’angoisse de castration qui serait le moteur de la prise de conscience de l’existence de deux sexes séparés. Lorsqu’il s’agit d’évoquer la « zézette », les auteurs soulignent à juste titre qu’elle a moins de noms, on la désigne peu. Ils précisent ensuite (sans qu’on sache non plus d’où ça vienne) que la petite fille aussi vit l’angoisse de castration mais plutôt comme un manque, et rappellent tout de suite après (et heureusement) que les filles n’ont aucune raison de ne pas être « fière de leur zézette ». Arrivée à ce stade, ces histoires d’angoisse de castration m’évoquent beaucoup les théories freudiennes…un peitit coup d’oeil aux conseils de lecture en bas de page me le confirme : pour creuser la question, le lecteur est donc renvoyé vers Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle. Voire ainsi légitimée et donnée en référence la théorie sexuelle de Freud m’a doublement fait bondir : à la fois en tant que féministe et de par mon attachement à l’esprit critique et au scepticisme scientifique… ! En effet, et je n’ai malheureusement pas la place de développer davantage ici, l’oeuvre de Freud est à la fois pointée du doigt pour sa faiblesse scientifique et pour sa vision des femmes. Une référence dont on se passerait donc bien dans un ouvrage jeune public…

Pour conclure cette critique, on pourrait résumer mon impression générale de la façon suivante : Les mots indispensables pour parler du sexisme est un ouvrage bien construit et présenté, qui a une qualité pédagogique indéniable. Son traitement problématique ou en tout cas lacunaire de certains sujets recoupe en fait en partie les positionnement du féminisme majoritaire et institutionnel (ou « féminisme mainstream », critiqué notamment comme étant, pour faire court, un féminisme blanc et bourgeois) en particulier en ce qui concerne l’approche de la pornographie et de la prostitution. D’autres problèmes, comme la présence de la théorie sexuelle de Freud comme référence, sont malheureusement récurrents et ce bien au delà des mouvements féministes. C’est d’autant plus regrettable que l’ouvrage, de par son format et la façon dont il est pensé, reste un bon moyen d’aborder le sexisme et les luttes féministes…

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, merci pour votre attention ! Et si vous avez eu l’occasion de parcourir ce livre, je serais ravie d’échanger là dessus. N’hésitez pas à partager ici vos critiques ou vos impressions sur le l’ouvrage lui même ou sur l’article.

 

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20 commentaires

  1. Je tique un peu comme toi sur le masculinisme… déjà le sexisme envers les hommes n’est pas « plus rare » il se manifeste juste d’une manière différente. Ensuite le féminisme, d’après moi (mais il y a autant de féminismes que de féministes quasiment) se bat pour la déconstruction des préjugés. Pour déconstruire l’image autre des femmes il faut déconstruire celle autour des hommes (comme je le disais dans un article il n’y a pas très très longtemps). Donc oui, les féministes se battent aussi pour les hommes…

    Si l’Histoire du féminisme t’intéresse je peux te conseiller le livre que l’on a eu à lire à la fac (il est accessible) lorsque l’on travaillait sur l’Histoire du genre, l’Histoire de la relation entre les hommes et les femmes. Il est vraiment vraiment vraiment bien foutu. C’est « Les femmes, actrices de l’Histoire – France, de 1789 à nos jours » de Yannick Ripa aux éditions Armand Colin (j’ai la deuxième édition).

    Sur la prostitution je me souviens d’une émission des Carnets du Monde que j’ai réussi à retrouver ici : http://www.europe1.fr/mediacenter/emissions/carnets-du-monde/sons/les-carnets-du-monde-30-11-13-1726461 🙂
    Je dirais que la position abolitionniste de la France est assez… ambiguë. On tourne autour du pot mais on n’interdit pas la prostitution en elle-même : on interdit les maisons closes, les proxénètes, récemment on pénalise le client (grosse connerie d’ailleurs), on sanctionne le racolage… Mais on n’interdit pas clairement la prostitution !

    Après pour Freud je ne sais pas, j’y connais rien ! 🙂

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    1. Merci pour ton retour ! Parler de sexisme envers les hommes, c’est décidément bien compliqué…je trouve que c’est toujours plus parlant de penser en termes de système, de rapport de domination, tout en reconnaissant qu’une position de domination suppose une forme de prix à payer. Et que ça peut induire des choses difficiles à vivre pour les hommes, effectivement. Mais du coup ça implique de reconnaitre qu’il n’y aurait pas deux sexismes sur le même plan, mais un seul système, qui est en défaveur des femmes… mais, parfois, se retourne contre les hommes aussi. Autant dire que c’est pas toujours évident d’en discuter sereinement ! Je suis assez d’accord pour le caractère pluriel du féminisme, l’horizon, l’idéal est assez semblable mais il peut être compris très différemment, il se combine aussi avec des postures politiques différentes, et ça explique qu’il y ait des sujets très clivants. Et c’est vraiment important je trouve de rappeler ce côté hétérogène, d’arrêter de voir les féministes comme une sorte de gros groupe aux codes figés qui courent toutes dans le même sens. Après, je ne sais pas si au bout du compte on peut dire de manière générale que les féministes se battent aussi pour les hommes… certainement que certaines le voient comme ça, et que d’autres non. C’est légitime aussi de se battre avant tout pour soi, et pour celles qui partagent une condition similaire. De fait, les hommes perdent un certain nombre de privilèges avec le combat féministe, on ne peut pas vraiment le nier. Mais on peut espérer qu’au bout du compte ça profite à tous 🙂

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      1. Oui, le système est en défaveur des femmes parce qu’en se construisant le genre (le genre masculin et féminin se sont construits en regard l’un de l’autre) a penché en faveur des hommes : le chaud, la force, le chef de famille, bla bla bla, mais du coup effectivement ça se retourne contre eux parce qu’on les imagine toujours inaptes à s’occuper d’enfant, qu’on ne les imagine pas pleurer ou faire de la danse…

        En tout cas moi je le vois comme ça : le genre masculin et le genre féminin s’étant construits ensemble on ne peut pas les déconstruire séparément. Le concept de genre détermine (en partie) la manière dont nous nous construisons mais surtout la manière dont l’on va interagir avec les personnes de l’autre sexe. Si on déconstruit seulement les imaginaires sociaux autour des femmes sans se préoccuper des hommes on va créer un déséquilibre. Mais certaine féministes ne le voient pas du tout comme ça, pour elles les hommes ont tout et les femmes rien et donc les hommes n’ont pas à se mêler des affaires des féministes… c’est d’ailleurs un article dans ce genre qui m’avait poussé à écrire le mien !

        Oui, il est légitime de se battre d’abord pour soi, mais dans ce combat-là se battre pour soit revient aussi à se battre pour l’autre parce que ce n’est pas une guerre entre deux parties : c’est un combat contre un idéal proposé par une société.

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      2. Oui c’est certain que la construction du genre rassemble féminin et masculin sans qu’on puisse vraiment les séparer… d’ailleurs certaines approches du genre le conçoive comme un système, « le genre » de manière générale, qui produit deux catégories hiérarchiées (qu’on pourra appeler les sexes, les genres ou autre). Donc c’est nécessairement une déconstruction d’un système de pensée, de discours et de pratiques qui renvoient l’un à l’autre. Cependant, je pense que c’est quelque chose qui est bien compris par la grande majorité des féministes, même si elles ne sont pas forcément d’accord entre elles sur d’autres point. Je pense en fait qu’on peut accepter tout à fait l’idée de cette déconstruction globale et le fait que ça pourrait adoucir certains vécus pour les hommes aussi, tout en revendiquant des cercles féministes non mixtes (que ce soit pour des moments précis temporaires, ou pour la lutte politique dans son ensemble). Souvent ce choix de la non mixité est aussi un choix pragmatique : la parole des femmes et leur confiance en soi bénéficie souvent du fait qu’elles soient entre elles et autonomes… et malheureusement les hommes qui essaient de s’impliquer dans des associations féministes militantes reproduisent plus ou moins consciemment des comportements problématiques, une tendance à parler beaucoup, à occuper l’espace, enfin des trucs intégrés depuis longtemps. Ca rend les choses pas évidentes. De mon côté je trouve que c’est une bonne chose qu’il y ait des cercles militants non mixtes, qui soient menés et gérés par des femmes uniquement, et à côté des associations ouvertes aux hommes comme Le Planning familial, qui fassent de la sensibilisation sur l’égalité auprès des jeunes, sur la sexualité, etc. Ca se complète davantage que ça ne se contredit je trouve ! Il y a aussi le fait que les oppressions sont multiples, on cumule rarement tous les privilèges possibles ou toutes les oppressions… c’est un exemple un peu classique, mais un homme noir pauvre ou une femme blanche handicapée de classe moyenne… ça aurait pas forcément de sens d’essayer de compter les points ! Les oppressions se croisent, se cumulent parfois. (après, y’a aussi d’autres manières pour les hommes de participer à la lutte féministe que de vouloir absolument faire partie d’une asso…peut être que l’action la plus importante a lieu dans son cercle proches, auprès de ses amis etc)

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      3. Il peut effectivement être sein d’avoir des associations/groupes de paroles non mixtes, mais rejeter totalement les hommes n’est à mon avis pas une bonne solution parce que déjà que les féministes les plus audibles sont les extrémistes du genre des Femen, si en plus on rejette totalement les hommes de toutes les parties du combat on va se retrouver face à un problème de taille : ils vont se sentir agresser et n’auront pas envie de comprendre ce pourquoi on se bat.

        L’article c’est celui-là : http://fuite-en-avant.blogspot.com/2016/07/et-les-hommes-alors.html 🙂

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      4. Ca dépend ce qu’on entend par « rejeter totalement les hommes en fait »… s’il s’agit de dire qu’ils ne doivent pas parler de féminisme ou avoir un rapport avec le féminisme de quelque manière que ce soit, effectivemen je trouve ça absurde et ça n’a pas grand sens : on leur demande au minimum de nous écouter, et on a besoin que tout le monde prenne conscience du processus de déconstruction nécessaire. Mais je pense que l’ambiguité vient aussi de la notion même de féminisme : c’est à la fois une idéologie générale qui vise l’égalité entre hommes et femmes ET un mouvement politique qui milite pour obtenir des avancées. On peut considérer par exemple que les hommes sont aussi concernés par le premier idéal et peuvent contribuer à changer eux même, à faire changer leur entourage, mais qu’ils devraient se faire discret dans le second. Là, ça dépend aussi de la conception d’une lutte politique : est-ce qu’on conçoit ça comme deux groupes aux intérêts opposés, le groupe opprimé devant donc se battre pour imposer la reconnaissance de ses droits sans consulter le groupe dominant, ou est-ce qu’on considère que c’est un idéal que chacun peut partager en y apportant sa pierre… avec évidemment des nuances possibles entre les deux. Après, sur le fait de rejeter totalement les hommes comme tu dis, une fois qu’on a défini ce que ça voulait dire (on est pas forcément toutes d’accord là dessus), je trouve que la prise en compte du ressenti des hommes est une question délicate… c’est clair qu’être un minimum pédagogique et communiquer sur ce que peuvent ou pourraient faire les hommes, ça peut sembler nécessaire ne serait-ce qu’en termes d’efficacité. Il s’agit alors de ménager un peu les susceptibilités pour mieux faire passer le message… et c’est pas une question propre au féminisme pour le coup, c’est une réflexion qu’on retrouve dans d’autres mouvements, comment communiquer, à quel point doit-on ou non faire des efforts de pédagogie etc. D’un autre côté, il faut aussi prendre garde au fait qu’en cherchant toujours à ménager les hommes le plus possible, on reproduit aussi en quelque sorte un phénomène de domination qui est celui qu’on veut combattre ! en se positionnant par rapport à eux, par rapport à leurs réactions éventuelles, etc. Faut réussir à trouver un équilibre entre assumer ses convictions et son combat, et envoyer chier tout le monde et les hommes en particulier lorsqu’ils posent des questions (qui parfois peuvent nous agacer). C’est un équilibre délicat et forcément ça va changer selon ce qu’on a vécu, on a pas toutes des expériences similaires, certaines ont eté confrontées à des choses trop violentes pour pouvoir vraiment rester patientes et pédagogiques tout le temps…

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      5. Mais en tout cas c’est clair qu’on touche à une question récurrente dans le féminisme, ou plutôt à des questions multiples en fait 🙂

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      6. Je pense par exemple que l’article de Buffy Mars qui t’a choqué renvoyait vraiment au féminisme comment mouvement politique d’émancipation, c’est à dire un groupe dominé qui va se battre pour mettre en place un rapport de force et obtenir des avancées. Ca exclut pas que le mouvement en question puisse faire aussi de la pédagogie, s’adresser aux hommes etc. Mais dans cette perspective d’émancipation, une des étapes, selon les points de vue, pourra être d’apprendre à lutter sans hommes, à mettre en place des actions, bref à s’affirmer et éventuellement à faire prendre conscience aux hommes que non, ils ne sont pas indispensables partout… alors après l’article de Buffy Mars est un propos très classique, je pense que j’ai lu des dizaines de déclarations dans le genre, mais a priori il a aussi fait réfléchir pas mal de monde… dont des mecs, tous ont pas réagi négativement d’ailleurs. En bref de mon point de vue, si on prend le féminisme comme un objectif d’égalité entre hommes et femmes de manière générale, alors oui je peux dire : il ne se fera pas sans les hommes, car ça demande des changements de leur part, ça demande qu’ils puissent exiger eux aussi de refuser certaines normes, qu’ils en discutent avec leurs amis, leurs enfants etc. En revanche si on prend le féminisme comme l’incarnation politique de cet idéal, avec des mouvements militants qui sont là pour faire pression, pour alerter, pour exiger etc : alors non, je pense pas que les hommes soient indispensables dans le mouvement féministe. Je pense qu’on peut s’adresser aussi à eux sans pour autant qu’ils aient besoin d’occuper ces espaces (voilà, désolée pour les pavés XD)

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      7. Evidemment ça dépend des expériences et des vécus, y compris du côté des hommes qui vont être plus ou moins ouverts à la question du féminisme. Maintenant il y a ménager et ménager. Il ne s’agit pas d’être mielleux et de sortir les chamallows mais simplement de ne pas les agresser inutilement, sur la base de rien… Par base de rien j’entends commencer à agresser tous les hommes cisgenre, par exemple, alors qu’on ne peut pas faire de généralités. Il y a la réaction utile (par exemple à des propos déplacés) et l’agression vaine et contre-productive…

        Mais même pour la question politique ils sont utiles… Nous sommes dans une société fondée sur la participation des hommes et des femmes. Un changement politique pour les femmes peut entraîner un changement pour les hommes, soit dans la vie concrète soit dans le côté plus « psychologique »… En faisant avancer les lois pour les femmes on fait avancer une société entière : composée d’hommes et de femmes.

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      8. Oui je suis évidemment d’accord sur l’agressivité gratuite, autant d’un point de vue humain on est faillibles et les trucs qu’on a vécus peuvent nous faire perdre patience, autant du point de vue de la lutte elle même, c’est superflu et même dommageable. Dans l’idéal il faudrait réussir à voir dans quel contexte nos interventions sont susceptibles d’être utiles, et faire le choix soit de ne pas intervenir et de s’économiser un peu, soit d’intervenir quand on se sent les épaules pour exprimer sa position efficacement et en essayant de garder la tête froide (bon évidemment c’est un idéal). Et sinon, oui bien sûr on fait avancer la société entière, c’est clair, et les hommes en font partie, c’est potentiellement nos amis, nos amants, nos maris, nos pères etc et on vit avec eux, rien à dire de ce côté là. Quand je parlais de mouvement politique j’évoquais vraiment les mouvements féministes au pluriel incarnés dans des assos, des collectifs, en bref des espaces de lutte qui ont pour priorité l’émancipation des femmes. Dans ces espaces là, je ne considère pas du tout la présence des hommes comme nécessaires (j’ai pas toujours pensé ça cela dit), surtout vu tous les problèmes qui ont pu être constatés quand il y avait une ouverture aux hommes. Précisément parce qu’on a beau être bien intentionné, on échappe pas non plus à des pratiques et des représentations qu’on a assimilé, donc après c’est des choix dans l’énergie qu’on veut dépenser : est-ce qu’on veut ou non passer une bonne partie d’une réunion qui devait être opérationnelle à expliquer aux hommes présents pourquoi il faudrait que la parole soit mieux répartie, à faire de la pédagogie là dessus alors que ça devrait être acquis… on peut décider que l’effort vaut le coup, ou finir par laisser tomber et plus avoir l’énergie. Je comprends les deux choix. Mais pour moi ça reste essentiels que les hommes soient pas dans une posture où ils exigent en fait d’être inclus comme un droit un peu fondamental à faire partie d’un collectif féministe… non, ils peuvent en faire partie dans certains contextes et sous certaines conditions, mais en aucun cas ils ne sont légitimes pour l’imposer étant donné qu’on parle quand même d’une lutte des femmes en tant que groupe oppressé, et pour leur émancipation ! Mais le truc c’est qu’encore une fois, y’a bien d’autres manières d’avoir une action politique : un père qui va refuser d’avoir un discours sur les valeurs viriles auprès de son fils, qui va parler de consentement, d’égalité etc et surtout qui va montrer l’exemple en le mettant en pratique, c’est profondément politique.

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      9. Ou on peut faire des associations ouvertes aux deux sexes avec des réunions ouvertes aux deux sexes et d’autres non mixtes : avancer efficacement sans devoir tout expliquer dans les moindres détails parce que l’on a tous en tête les schémas proposés par la société mais en même temps sans exclure totalement les hommes de l’association.

        Donner plus souvent aux pères la garde des enfants c’est féministe. Et pourtant c’est un combat politique qui concerne les hommes. C’est féministe parce que, effectivement, ne pas donner la garde au père peut venir du principe que le père n’a pas à s’occuper des enfants, ou ne sait pas faire mais, comme le genre des deux sexes s’est construit en regard c’est féministe parce que si l’on donne presque toujours la garde à la mère vient l’idée que la mère a un instinct maternel, la femme est depuis longtemps placée du côté du soin, des enfants… Ce combat est donc déconstruire l’image des femmes autour des enfants, d’un côté forcément naturel, qu’une femme est toujours une bonne mère et qu’un homme est forcément un mauvais père. C’est féministe et pourtant ça concerne les hommes, on ne peut donc pas les écarter. Pourtant c’est politique.
        Pourquoi les hommes ne pourraient pas demander l’émancipation des femmes ? Pourquoi un Blanc ne peut pas demander que cesse le racisme anti-Noir ? Pourquoi un hétérosexuel ne peut pas défendre la cause des homosexuels ? Pourquoi il faudrait toujours faire partie du groupe oppressé pour le défendre ? Pourquoi un valide ne pourrait pas se battre en faveur des handicapés ? Ce genre de mouvement politico-social sert à avancer, à rassembler les gens, et pourtant on cherche à les exclure… ce n’est pas logique. Ce n’est pas comme ça que je vois le féminisme, en tout cas. Ni globalement les autres causes politico-sociales autour des discriminations.

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      10. Oui on peut aussi avoir ce type de fonctionnement, il y a plein de solutions possibles. Mais juste, je comprend aussi les collectifs qui n’ont pas l’énergie et la volonté de vouloir absolument inclure les hommes dans leurs réunions, dans leurs réflexions aussi. Les deux peuvent être cohérents. En revanche comme tu disais, je conçois moins qu’on n’imagine aucune place, d’aucune sorte, pour les hommes dans le féminisme comme projet de société. Pour les gardes d’enfant, il me semble que c’est moins déséquilibré que ça en a l’air, ou en tout cas, si c’est vraiment déséquilibré mais dans la grande majorité des cas c’est parce que les pères ne demandent pas la garde. Mais c’est sûr que le préjugé selon laquelle la mère s’en occuperait forcément mieux est un problème, les critères adoptés devraient être indépendants…mais je suis prudente quand même sur ce sujet parce que justement en cherchant des chiffres je m’étais rendue compte que les discours des associations de père, et parfois des associations masculinistes, passaient soigneusement sous silence le fait que dans la majeure partie des cas les pères n’ont pas la garde… et ne l’ont pas demandé non plus. Les cas de père qui voulaient la garde, et qui ne l’ont pas eu sans motifs valables, sont en fait pas si fréquents que ça. Parmi les pères qui se sont perchés sur des grues etc, on s’est rendus compte que certains avaient été condamnés, ou que pour d’autres il y avait des critères autre que le fait que ce soit des hommes. Enfin bon, ça c’était pour la petite parenthèse, ça ne change évidemment rien au fait qu’on a tous intérêt à déconstruire l’image de la femme forcément bonne mère voire faite pour ça…

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      11. Je pense que le choix d’avoir un collectif féministes sans hommes ne revient pas du tout à dire qu’un homme ne peut pas demander l’émancipation des femmes, encore une fois c’est davantage une réflexion sur la forme que ça peut et doit prendre ou non, sur leur place dans le mouvement politique lui même. C’est pour ça que j’essaie d’insister sur le fait qu’on peut aussi concevoir un rôle à part entière pour les hommes, sans que ce soit nécessairement synonyme de « les inclure dans chaque réunion ou collectif sous peine d’être discriminant ». Bien sûr qu’on peut tous agir à notre échelle pour affirmer notre solidarité vis à vis de combats comme ceux que tu cites ! Mais je ne me verrais pas arriver dans une association antiraciste et leur dire : « euh mais attendez là vous avez pas de blanc ?! mais ça va pas du tout, et mon droit à faire partie d’un collectif antiraciste alors ? » Parce que si je fais ça, je suis en fait en train encore une fois d’utiliser une forme de privilège (ici le fait que je sois blanche, entre autres privilèges), pour exiger quelque chose d’un groupe opprimé. Ce serait assez douloureusement ironique, d’exercer finalement une telle pression alors que je prétend précisément vouloir me battre à leur côté. Ce qui me semble plus correct et légitime, c’est en revanche de les écouter, de réfléchir à toutes les choses que je peux changer au quotidien, à des éléments de langage qui sont peut être problématiques, à des réflexes que j’ai qui le sont… arrêter de me taire quand mon entourage fait des blagues racistes. Soutenir des initiatives matériellement si je peux, sans chercher à me mettre en avant. Voilà ce que je me sens prête à faire, sans exiger de vouloir être intégrée exactement de la même façon et avec le même statut que les personnes qui elles subissent cette oppression. Parce qu’elles utilisent cet espace de la manière qui leur semble la meilleure pour construire quelque chose entre elles… et c’est peut être le seul espace qu’elle peuvent utiliser à part entière pour cette lutte politique ! et je voudrais m’immiscer dedans ? Non, vraiment, je me sentirais jamais légitime à vouloir obtenir ça. Si certaines assos ou collectifs veulent nous accueillir en tant que blanc, ben c’est cool de leur part, sinon je sais que j’ai un tas d’autres moyens d’action. Je sais pas si c’est plus clair exposé d’un point de vue plus perso 🙂 Mais donc logiquement, j’attend à peu près la même posture de la part des hommes face aux mouvements féministes

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      12. Oui, c’est parfaitement compréhensible, je ne dis pas le contraire ! 😉

        Il serait intéressant de voir pourquoi justement ils ne l’ont pas demandé. Est-ce parce qu’ils s’en fichaient, savaient qu’ils n’avaient pas l’argent nécessaire, savaient qu’ils avaient un travail trop prenant, ou est-ce qu’ils ne s’en sentaient pas capable parce qu’ils avaient dans leur esprit l’idée qu’un homme est forcément un mauvais père ? Plus que les chiffres en eux-mêmes c’est la raison de ces chiffres qu’il serait intéressant de regarder ! Mais là il faudrait une grande enquête/étude socio-psychologique.

        Je ne suis pas non plus pour qu’ils soient inclus partout ! On reviendrait à de la discrimination positive ! Et ce pourrait être contre-productif.
        Pour être actif on n’est effectivement pas obligé de faire partie d’une association ! On peut se renseigner, faire des choses plus personnelles, écrire des articles de blogs, participer à des débats, écouter les concernés sur les problèmes, mais on peut ensuite participer à la prise de conscience générale sans forcément s’imposer dans une association !
        Je suis d’accord avec toi, il ne s’agit pas de s’imposer dans un collectif ou une association. Mon problème c’est juste que parfois, sous prétexte que l’on n’est pas forcément concerné, on nous reproche le fait de ne pas être légitime… et que donc on n’aurait pas le droit de dire qu’on est contre le racisme, ou toute forme de discrimination, parce qu’elles ne nous touchent pas directement. Et ça, ça divise alors que le but même de la lutte contre les discriminations c’est de rassembler. Après, effectivement, on n’a pas à s’imposer dans un collectif ou une association qui ne veut pas de nous, qui n’organise pas la parole de cette manière-là. Mais en fait je ne parlais pas des asso’ ou quoi que ce soit, je parlais simplement du fait de dire « je suis contre les discriminations » même si on n’est pas directement concernée !

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      13. Oui complètement, le fait qu’ils ne demandent pas la garde c’est en soi quelque chose qu’il faut analyser. Peut être que ça a déjà été fait d’ailleurs, je chercherai tiens !
        Et sinon, oui là aussi l’équilibre est difficile. Et effectivement si tu penses au fait de simplement revendiquer une posture de lutte contre les discriminations, ben oui on a intérêt que tout le monde le fasse… du moment que les gens qui le proclament ont en tête que ça suffit pas pour déconstruire un tas de truc. 🙂

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    2. Merci pour tes références, je vais aller regarder ça. En ce qui concerne la prostitution, j’ai un projet d’article là dessus depuis un moment mais il faut que je le laisse mûrir, parce que c’est vraiment super délicat. En tout cas je suis d’accord sur l’ambiguité de la France, qui commence un peu à tirer vers un modèle suédois cependant, avec la loi votée récemment. J’avoue que je ne m’en réjouis pas dans l’état actuel des choses, je n’arrive pas à voir comment des résultats positifs pourraient en être tirés. Bref, de vastes débats c’est sûr… encore merci de ton commentaire 🙂

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      1. De rien 🙂 C’est un sujet un peu délicat, surtout qu’aucune solution (ni celle de l’Allemagne, ni celle de la Suède) ne semble avoir été totalement satisfaisante…

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