Voter avec son portefeuille ? Des limites de la consommation éthique

Janvier 2018 est bien avancé et il est déjà tard pour les vœux de bonne année… J’espère malgré tout qu’elle vous réservera le meilleur. Pour ma part, je fais le souhait de parvenir à me dégager plus de temps pour les activités qui me plaisent réellement : écrire, ré-apprendre à dessiner et peindre, faire davantage de sport. Rien de bien original en somme ! Je souhaite aussi publier plus régulièrement et partager ainsi des articles en sommeil depuis bien trop longtemps, annoncés plusieurs fois, jamais publiés. Enfin, je me donne pour objectif de publier plus souvent des articles écrits à chaud, plus courts, moins « fouillés » mais aussi plus spontanés. Je commence cette bonne résolution en vous proposant dès à présent le fruit tout récent et écrit presque d’un trait d’une réflexion qui me taraude depuis un certain temps…


Si vous lisez cet article, vous êtes peut-être un ami, peut-être une personne de passage. Mais il est possible, aussi, que vous me connaissiez via les réseaux sociaux et en particulier via ma page Instagram où je communique régulièrement avec nombre de personnes sympathiques dont j’apprécie les mots et les images. Entre récits de voyage, paysages et portraits, Instagram est aussi un lieu d’échange parmi d’autres autour du végétarisme, de la réduction des déchets, du minimalisme, et différentes démarches de réflexion sur notre consommation. Comme beaucoup d’autres personnes (des femmes essentiellement) dans ces sphères, j’essaie depuis plusieurs années de m’interroger sur mes actes de consommation et d’acheter plus « éthique » : je suis à présent végane ou presque, j’essaie de limiter mes déchets au quotidien, je ne fréquente quasiment plus les magasins de vêtement « conventionnels », etc. C’est important pour moi de faire ces petits efforts, d’assimiler ces réflexes. Pour me sentir cohérente, pour passer un message et lancer des discussions, et finalement, aussi, pour mettre en œuvre concrètement des bribes de ce que j’imagine être un monde meilleur : c’est possible et ça commence ici et maintenant…

Cependant, vous vous en doutiez à la lecture du titre, ce n’est pas d’un énième appel à « mieux consommer » qu’il va s’agir ici. Car si je fais moi aussi de mon mieux, si j’estime que l’on devrait le faire quand on en a le temps et les moyens, il y a un mais. En effet il me semble clair aujourd’hui que ces actes que je construis avec plaisir sans leur donner  non plus une importance démesurée deviennent sur nombre de blogs, comptes et pages diverses LA démarche militante par excellence… non sans quelques contradictions. Mon propos va se concentrer essentiellement sur les démarches de promotion de gammes de produits éthiques, notamment de vêtements, de cosmétiques et de produits alimentaires.

Photo by Onur Bahçıvancılar on Unsplash

Consommer mieux, d’accord, mais après ?

Je l’avoue d’emblée, je consulte toujours pas mal de blogs s’inscrivant dans cette démarche de consommation éthique, parce que le travail de leurs autrices me facilite la vie lorsque j’ai ponctuellement besoin d’un produit, lorsque je recherche un rapport qualité-prix qui me convienne par exemple. J’y passe moins de temps qu’il y a quelques années car je ne suis plus en phase de découverte de cet univers, mais je prends plaisir à y retourner régulièrement. Malheureusement, je ne peux m’empêcher d’avoir cette impression de plus en plus prononcée d’un lissage général du discours. Un discours qui dépasse rarement ce stade : n’achetez plus ceci, on sait maintenant que c’est vraiment nul, donc achetez plutôt cela ! Alors oui, d’accord, pourquoi pas, mais en ce qui me concerne, je trouve ça particulièrement frustrant. J’attendrais des contenus de justification un peu plus poussés. Par exemple, comment s’est opérée cette prise de conscience, est-ce que l’auteur s’est penchée sur les conditions de production plus en détails, les procédés de fabrication des produits conventionnels VS ceux qu’elle défend, le fonctionnement des labels, la décomposition du prix d’un produit « éthique » par rapport à un produit standard (notamment pour les vêtements), ce qu’arrivent réellement à gagner les petits artisans locaux lancés dans cette démarche, etc. La liste est longue de thèmes qui sont susceptibles d’enrichir le propos, et pour être fair-play, je reconnais que certains blogs portent attention à ce point. Ce sont d’ailleurs ceux que je préfère…

En attendant la tendance générale m’alarme : les blogs « consommation éthique » ne proposent souvent rien de plus que quelques lignes sur un documentaire ou un livre choc lu récemment — pas toujours des plus rigoureux — suivis d’une tripotée d’articles clonés sur les blogs les plus suivis, où l’on nous explique comment et pourquoi acheter telle marque, sur quel e-shop super innovant, etc. Mea culpa de ce côté : il y a deux ans, le premier article que j’avais tenté de publier portait sur la consommation de vêtements d’occasion et la plateforme Vinted… avec des photos super moches. On va dire que je parle en connaissance de cause, hum. Mais peut-être cette tendance est-elle due au fait que nombre de blogs et pages à présent axées « éthiques » sont surtout à la base des blogs « lifestyle » qui nous parlent… de consommation.

Moins consommer… mais consommer quand-même

Résultat potentiel de la migration de blogs lifestyle, cosmétiques, mode etc. vers le créneau éthique, et de l’inspiration des néophytes puisée dans les blogs stars : les blogs éthiques ressemblent trop souvent à des catalogues d’achat. On se retrouve donc avec un paradoxe fort, parfois au sein des mêmes pages. Ce paradoxe c’est celui de défendre des modes de consommation qui soient plus durables, moins immédiatement catastrophiques à la fois en choisissant mieux et en consommant moins, le tout en affichant sur son site des articles qui portent en grande partie sur des marques ou des gammes éthiques testées et qu’on suggère aux lecteurs d’acheter. La tendance phare du minimalisme n’échappe pas à la règle : il s’agit de consommer moins et mieux, d’avoir le moins de choses possibles, mais cela n’empêche pas toujours de pouvoir tenir un blog entier sur les produits privilégiés dans cette démarche…

Cette tension n’est pas nouvelle, elle est souvent vécue de l’intérieur par les militants des associations défendant une production plus éthique. Prenons l’exemple de la production de vêtements, qui est devenue un symbole de l’ultra exploitation des travailleurs des pays les plus pauvres. Dans un article paru en 2014 [1], Philip Balsiger (sociologue) analyse ainsi les stratégies d’une organisation œuvrant pour améliorer les conditions de production des vêtements achetés en Europe. Les militants de celle-ci se retrouvent en proie à des dilemmes politiques, et les discussions internes sont vives autour du développement d’une « carte de shopping éthique » (ma traduction est approximative).  La promotion de cet outil conduit à mettre en avant certaines marques et magasins, et à organiser des évènements qui mettent mal à l’aise certains de par leur proximité avec des évènements « marketing ». Un responsable de campagne finit par déclarer qu’il « est là pour mettre la pression sur les marques, par pour promouvoir du coton bio ». L’équilibre entre stratégie de pression et de dénonciation des entreprises, et stratégie de promotion d’alternatives est donc particulièrement délicat. Nombre de militants craignent de voir leur action, conçue comme très politique par beaucoup, être dévoyée. Et ce pour mettre parfois l’accent sur des alternatives chères, vendues dans des magasins haut-de-gamme, dans des quartiers huppés ou en voie de gentrification (un exemple en est donné dans l’article que je cite, avec l’organisation d’une soirée de lancement de la campagne dans ce type de lieu).

 

Photo by Viktor Forgacs on Unsplash

« Le vrai prix des choses »?

Comme je le mentionnais, dans le cadre de l’article cité, la promotion de marques et de magasins hauts-de-gamme — dont les prix affichés ne sont accessibles qu’à une minorité de personnes — n’était pas anodine pour une telle campagne. L’objectif était en partie d’attirer de nouveaux publics, plus jeunes, moins politisés. J’aimerais à présent rebondir sur cet exemple pour dire quelques mots sur la façon d’appréhender le prix élevé des gammes présentées comme les plus éthiques. À la lecture de nombreux articles sur la consommation éthique, on retrouve l’idée que ces produits sont plus chers car on paie leur vrai prix, le prix nécessaire pour rémunérer correctement les travailleurs ou l’artisan indépendant qui les fabrique, le prix nécessaire pour que la production soit respectueuse de l’environnement et/ou des animaux. Si j’ai pensé exactement de la même façon à une période, je trouve aujourd’hui le raisonnement un peu trop simpliste, voire glissant et dangereux même s’il part des meilleures intentions possibles. En effet, cette logique conduit généralement à cette conclusion : « Et bien oui, c’est plus cher, mais c’est le prix qu’il faut mettre pour avoir des produits durables et éthiques, donc il n’y a qu’à consommer moins et économiser plus longtemps, voilà tout. C’est simplement une question d’organisation. » Il y a plusieurs soucis dans ce type de discours.

Le premier, le plus évident, c’est que tout le monde n’a pas ne serait-ce que la possibilité de s’organiser à l’avance pour acheter des marques éthiques. Beaucoup de ces produits ne sont réellement accessibles qu’à une minorité de la population, c’est un fait. Pas seulement à cause de leur prix il est vrai, mais aussi à cause de leur absence des circuits de distribution les plus immédiatement accessibles, d’un manque d’information, d’un manque de disponibilité mentale pour se préoccuper de ces questions. Il n’empêche que c’est un problème majeur. Sur ce point toutefois, beaucoup d’autrices de blogs (je n’ai quasiment pas lu d’articles d’auteurs) se sont déjà exprimées et c’est heureux, en soulignant l’importance de ne pas porter un discours culpabilisant qui ferait de la consommation de certains produits au prix plus élevé l’objectif ultime (sans quoi on serait vraiment un-e gros-se naze), et parfois en proposant d’autres manières de faire (dont les achats d’occasion et la récupération gratuite mais aussi les emprunts, le troc). C’est d’autant plus heureux qu’il y a un autre effet pervers dans ces messages : c’est aussi relativement violent de faire de la consommation éthique le geste militant par excellence, car on nie finalement toute possibilité pour les personnes les moins avantagées de faire entendre leur voix… Lorsqu’on souligne le problème du prix, certain.e.s reconnaissent que c’est une vraie question mais se contente de conclure qu’effectivement certain.es ne peuvent pas se le permettre et que c’est dommage mais bon, tant pis, continuons, et même « faisons-le pour ceux qui ne peuvent pas ! » Cette approche ne me satisfait pas.

Mais il y a un second point qui me tarabuste dans l’approche que j’ai présentée : qu’est-ce qu’un vrai prix ? Il est vrai qu’aujourd’hui produire à petite échelle coûte plus cher : l’achat de matières premières, a fortiori de grande qualité est plus coûteuse pour les petits fabricants. Beaucoup de contraintes pèsent sur leur processus de production, et parfois les artisans concernés ne se paient qu’un salaire modeste. Il y a ensuite les entreprises moyennes, pour qui ces coûts pèsent aussi, mais dont je me demande déjà comment le prix de leurs produits se décompose : quelle est la place de la marge de bénéfice par rapport aux coûts de production et aux salaires versés ? Ne parlons pas des gammes « éthiques » proposées par des grandes marques, vendues plus chères que leurs gammes standard sans aucune justification autre que la recherche d’une marge plus grande ! Dans tous les cas, même lorsque qu’on peut trouver des explications à un prix plus élevé, et c’est mon point principal, ce n’est jamais LE vrai prix absolu de ces produits, c’est leur prix dans un contexte donné, dans le contexte d’un marché de niche et dans une économie capitaliste. Et ce n’est pas une fatalité…

 

Des limites de nos actes individuels de consommation

Partant de là, il est frappant que nous n’ayons presque jamais l’occasion de lire sur des pages dédiées à la consommation éthique (ou à l’éthique de manière plus générale) des réflexions sur les perspectives de luttes qui s’offrent à nous pour aller plus loin que nos petits efforts lors de nos achats. Pour changer ce système économique en profondeur et faire en sorte que ce qui n’est finalement aujourd’hui qu’un marché de niche devienne une norme, le mode standard de production :  des produits de qualité durables, des travailleurs payés correctement et travaillant dans de bonnes conditions, une production efficace dans le respect de l’environnement… On peut avoir un peu le vertige et trouver le projet ambitieux, surtout si l’on est peu familier des luttes politiques. Alors, même si je souhaite sincèrement que cette réflexion politique se propage au maximum, disons que cela serait un début si davantage de blogs essayaient de proposer des points de vue un peu différents, qui sortent du conseil d’achat. Qu’on s’interroge sur la façon de s’assurer que le développement d’un marché éthique ne s’ajoute pas simplement aux autres marchés. Qu’on se demande comment nos actions pourraient avoir une influence réelle sur les conditions de travail dans les plus grandes firmes et leurs sous-traitants.

Car le capitalisme absorbe bien plus vite qu’on ne le pense nos tentatives de consommations éthiques, nos petits efforts pour aller vers un pieux… Digérés, ils sont régurgités dans un joli paquet plus séduisant que le précédent, mais bien peu subversif, qui n’inquiète pas tant que ça les grandes entreprises ! Elles ont d’ailleurs bien compris le coup à jouer pour récupérer ces volontés sincères, ainsi d’HetM et autres marques qui proposent des lignes éthiques particulières plutôt que de modifier l’ensemble de leurs procédés. Ils ont en effet bien plus intérêt à capter cette part de marché que sont les « consommateurs éthiques » qu’à se donner d’eux-mêmes des contraintes qui mettraient leurs taux de profit en péril ! En pensant oeuvrer à un changement profond par nos comportements de consommation, le risque est quand-même bien là de se laisser avoir par cette stratégie. Parce qu’on a envie de penser qu’on peut militer par ses actes quotidiens, en se faisant plaisir, en achetant à manger, en investissant dans une robe made in France toute mignonne…  Et ça je le comprends, je suis même moi aussi concernée dans une certaine mesure. Mais gare à ne pas endormir notre vigilance en cédant à la perspective plaisante de réduire son militantisme à ces actes minimaux (et relativement confortables).

Conclusion

Je conçois ce que le propos peut avoir de déprimant par certains aspects, mais l’idée n’est absolument pas de nier les efforts sincères produits par nombre de personnes, la remise en question d’un mode de vie n’est pas des plus aisées. Je le soulignais dans l’introduction, je m’inclus en partie dans les réflexions que j’exprime ici. Mon objectif n’est pas d’affirmer de manière condescendante que tout ça ne servirait à rien, mais bien plutôt que ces efforts sont loin de suffire (ce qui constitue, je pense, une grosse nuance). Je suis convaincue que malgré les victoires marginales qu’on peut obtenir en boycottant ou en achetant autrement, ce n’est pas cette démarche qui impulsera des changements d’ampleur, car les possibilités de récupération et d’absorption dans une logique capitaliste sont énormes. Ce sont, bien davantage, les luttes collectives dans les différents secteurs de production concernés et notre soutien solidaires à celles-ci qui peuvent porter leurs fruits, ainsi que nos propres luttes dans nos propres secteurs d’activité. C’est l’action collective. C’est le militantisme politique, un gros mot par les temps qui courent. Je ne me pose pas en modèle, très loin de là, je n’ai avancé que le bout d’un pied sur le chemin. Mais je suis persuadée que garder ces éléments à l’esprit, si cela ne doit pas nous empêcher de continuer nos efforts, évitera en tout cas bien des désillusions.

Si vous vous sentez concerné.e par cette réflexion, si vous voulez y apporter un complément ou un point de vue différent, comme toujours cet article se veut un espace de discussion !

 


[1]   Psssst ! N’oubliez pas que Sci-Hub est là pour vous aider à accéder aux articles payants… 

Balsiger, Philip. 2014. « Between Shaming Corporations and Promoting Alternatives: The Politics of an “Ethical Shopping Map” ». Édité par Francesca Forno et Paolo R Graziano. Journal of Consumer Culture 14 (2):218‑35

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40 réflexions sur “Voter avec son portefeuille ? Des limites de la consommation éthique

  1. Merci pour cet article 😊
    Ta réflexion est très intéressante. Je pense en effet qu’une consommation éthique est un premier pas dans une démarche bien plus large de prise de conscience et d’actions « citoyennes » du quotidien. Cette consommation doit se faire comme faisant partie d’un grand tout, tout en prenant conscience des différentes stratégies des entreprises s’engageant dans une démarche éthique : le font-elles car ce développement fait partie de leurs valeurs profondes ou le font-elles sans d ‘autre objectif sous-jacent que de s’accaparer une niche, comme tu le décris bien, en prenant l’exemple d’ H&M et sa gamme éthique.
    En tout cas, cette consommation ne devrait pas servir d’excuse pour se « dédouaner » sur tous les autres aspects du quotidien sur lesquels nous pouvons agir, elle est un pas mais la réflexion doit être élargie 😊
    Je parle également comme quelqu’un qui cherche son chemin dans ce processus 😊

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    1. Merci pour ton commentaire ! La question des valeurs des entreprises est compliquée je pense, quand c’est une entreprise de quelques personnes on peut identifier d’où vient l’initiative à quoi ça correspond…dans des firmes plus grandes la responsabilité est diluée et même si à certains niveaux des gens se dévoilent sincèrement, souvent ça ne pèse pas bien lourd et ils sont rattrapés par les logiques de profit. En gros la machine dépasse les valeurs des individus…

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  2. Tu as raison. De mon côté j’essaie de soutenir de petites entreprises et artisans dont la démarche et les valeurs me semblent plus transparentes et risquent moins d’être  biaisées par cette logique de profit à outrance. Même si tout effort venant d’un grand groupe ne doit pas être dénigré et reste tout de même une chose positive 😊

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    1. Oui les efforts sont positifs, mais il ne faut pa se leurrer, les patrons ne se sont pas réveillés un matin en se disant qu’il fallait faire des efforts… c’est parce qu’on leur a mis la pression de différentes manières 🙂 Merci pour ton commentaire !

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  3. Coucou Irène,
    Je prends un petit moment pour répondre à ton super article. C’est sans doute brouillon (et très long), pardon !

    Je ne pense pas que changer son mode de vie et ses habitudes de consommation soit LA démarche militante par excellence. En revanche je pense que c’est UNE des démarches possibles et qu’elle a un poids plus important que ce qu’on en dit. Acheter des légumes locaux au marché, c’est permettre à un maraîcher de travailler dans de bonnes conditions. Ça a un impact direct, concret. C’est pareil pour plein de petits gestes finalement et probablement plus parlant pour beaucoup de gens que de théoriser pendant des heures. Et ça peut avoir un impact politique quand suffisamment de gens changent leur habitude, et qu’on observe des modifications à grande échelle.

    Ne rien faire parce que « ça ne résout pas tout », c’est à mon sens une façon se donner bonne conscience. Est-ce que nos petits gestes changent quelques choses à la situation mondiale ? Non sans doute. Est-ce qu’il faut rester coincer dans nos modes de vie hyper polluant sans lever le petit doigt en souhaitant et en militant pour un changement politique de grande envergure ? Je ne pense pas non plus.

    Je te rejoins sur l’aspect des dérives. Déjà, consommer, même éthique, ça reste consommer. On peut tout à fait surconsommer éthique. Du coup les blogs qui ne parlent que consommation me font tiquer. Et pourtant c’est aussi grâce à eux que l’on découvre des alternatives chouettes. Pointer les problèmes c’est bien, trouver des solutions pratiques c’est utile aussi. Même si à mon sens, l’idéal serait de sortir de ce cercle de consommation à outrance.

    Ensuite le prix des produits éthiques. Clairement il y a des abus et beaucoup de produits ne sont accessibles qu’à une minorité de gens. Ici on a de bons salaires et pourtant certains tarifs me font tousser très fort. Je me souviens d’une boite de granola à 10€ les 250 g croisée l’année dernière au détour d’un rayon. XD La marque m’a répondu « oui mais c’est cru alors c’est plus nutritif vous comprenez »… Je ne vois pas qui peut se payer un produit pareil sur un budget familial… Tu parles aussi de la transparence des marques. Certaines le sont complètement heureusement, je pense notamment à La révolution textile qui détaille ses prix sur son site.

    La partie de ton billet sur les grosses entreprises qui absorbent et digèrent les tentatives de mieux éthiques me parlent beaucoup. On en a vu des petites marques se faire acheter par un grand groupe et du coup perdre le fondement de leurs valeurs…

    A la fin de ton billet, tu parles de luttes collectives et de militantisme politique (qui ne sont pas des gros mots ^^). Ce sont des démarches poussées, qui demandent de gros investissements (physique, mental, et de temps) quand on veut prendre part à des débats, des manifs, adhérer à des partis (si tant est qu’il y en ait un dans lequel on se reconnaisse déjà)… Même simplement pour écrire sur ces sujets, ça peut être compliqué. A titre personnel, je ne me sentirais pas la légitimité de traiter de politique pure et dure sur mon blog. A tort ou à raison, c’est un autre sujet. Du coup, je préfère parler des thèmes que je connais un peu et qui me semblent à ma portée et à la portée de chacun.

    Pour venir à bout de ce commentaire fleuve, je pense sincèrement que les deux aspects peuvent et devraient aller de pair : proposer des alternatives éthiques et mener des actions politiques pour proposer une autre économie, une autre société, une autre vision du travail et du salariat… L’une pouvant influer sur l’autre. On peut aussi tout à fait commencer par changer ses habitudes, puis grâce à cela, s’intéresser à la politique. Ce fut mon cas par exemple, j’ai commencé par m’intéresser au végétarisme puis j’ai découvert les mouvements de gauche, la remise en cause du salariat, du capitalisme…
    Finalement, proposer des alternatives éthiques et changer ses habitudes, c’est déjà proposer une autre vision du monde, que l’on pense meilleure et plus juste. Et ça, pour moi, c’est politique.

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    1. Merci d’avoir pris le temps d’un commentaire aussi développé ! Oui bien sûr je pense que c’est une des manières qu’on a d’agir, et je ne pense pas qu’il faille arrêter ses efforts, j’espère avoir assez insisté dessus dans l’article. D’ailleurs je suis parfois frustrée et agacée de voir qu’à l’inverse des personnes très politisées se fichent un peu de ce qu’elles achètent (à la fois la provenance, le suremballage ou encore la consommation de viande)… J’ai du mal à comprendre qu’on soit aussi actif politiquement et qu’on ne fasse aucun effort même minime là dessus. Là où je suis pessimiste en fait c’est quand tu dis « si suffisamment de personnes le font ça va changer des choses »… ben moi je pense que ça va changer des petites choses en fait. Assez importantes pour que ça vaille le coup quand-même (davantage de travailleurs correctement payés c’est déjà ça), mais qui risquent de ne pas changer les tendances lourdes. Justement parce que les entreprises savent très bien déplacer les problèmes, soit dans d’autres secteurs, soit dans d’autres pays, sur des aspects qu’on va moins voir etc. Et puis aussi, précisément, pour que suffisamment de gens le fassent il faudrait davantage de gens en capacité de le faire, donc moins de précarité, donc des luttes politiques… c’est circulaire en fait. Là où je te rejoins le plus quand-même c’est sur ta conclusion, et ça constitue la raison principale pour laquelle je fais ces efforts là à titre personnel, parce que ce sont autant d’éléments qui participent à véhiculer une autre vision du monde, notamment pour le végétarisme, et comme tu le dis c’est politique, c’est loin d’être anodin.

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      1. Circulaire c’est le bon mot.
        Honnêtement, moi, je ne vois pas de quelle façon on pourrait avoir un gros bouleversement politique et un changement de société par cette voix la. C’est la dessus que je suis très défaitiste. Mais je ne devrais peut être pas hein !
        Politiquement, pour le moment, je nous vois surtout foncer dans le mur et aller vers toujours plus de précarité, d’écarts, etc.
        Donc faire ma part, c’est aussi une manière de reprendre le contrôle sur une situation que je vois comme relativement foutue (oui, bon, je ne suis pas de nature ultra optimiste donc, tu l’auras compris).

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      2. Finalement je ne suis pas optimiste non plus, mais je ne pense pas être fataliste en revanche ! C’est à dire que j’ai un avis sur la façon dont les choses peuvent changer, qui est fondé sur la façon dont se sont déroulées les luttes passées et les victoires qui ont été remportées (ça c’est l’intérêt de se pencher sur l’histoire des luttes sociales)… Après pour y arriver c’est là que ça se complique bien évidemment. Je suis convaincue qu’une partie majeure du problème réside justement dans la dépolitisation (et je ne parle pas du vote), mais cette dépolitisation est elle-même le fruit d’une politique… En gros beaucoup de choses nous poussent à nous retrancher dans nos actes individuels plutôt que d’aller vers une action collective (souvent plus ingrate et difficile), mais je pense que les plus puissants de ce monde sont plutôt arrangés par cette situation… Cela dit, évidemment, pas facile du tout de trouver l’énergie pour cette mobilisation quand tout nous pousse dans le sens inverse 😦

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    2. C’est vrai quasi comme tu le souligne qu’avoir un discours politisé et a fortiori militer ce n’est pas facile. Si ça l’était j’en ferais d’ailleurs sûrement beaucoup plus que ce que je fais actuellement c’est à dire peu de choses au final. Donc je n’attends clairement pas que des demain toutes les blogueuses « Green » sortent des manifestes politiques hehe ! Mais par contre même si c’est difficile, je plaide vraiment pour qu’on aille tous dans ce sens. Même si on ne se sent pas toujours à l’aise, qu’on ne s’exprime pas sur tout, pour moi c’est l’horizon à suivre au moins dans sa démarche personnelle. Et plus ce sera le cas plus on pourra en discuter entre nous, se motiver mutuellement etc

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  4. Bonjour,
    je te suis sur insta mais c’est la première fois que je viens sur ton blog…et je reviendrai !
    Article très intéressant, qui réactive mes neurones engourdis par la grippe !
    J’ai l’impression comme toi que la plupart des blogueuses livestyle/mode qui se préoccupe plus ou moins d’éthique, trouve que la politique n’a rien à faire sur leur blog. Ces blogueuses craignent peut-être de faire fuir leur lectorat par des articles moins futiles et plus sérieux ?? C’est vrai, comme tu dis, le militantisme est devenu un gros mot…
    Et aussi comme elles vivent de leur partenariat avec les marques, elles sont tiraillées entre leurs convictions éthiques, qui les poussent à tenir un discours pour promouvoir une réduction/amélioration de nos consommations, et leurs intérêts financiers. J’aime bien les blogs comme « happy new green » et « mango and salt » par exemple, mais on y trouve souvent des wishlists de vêtements, à chaque changement de saison, qui certes nous conduisent à orienter nos achats vers des produits plus responsables…mais aussi qui nous font baver et qui nous donnent envie d’acheter…
    Pendant les 6 derniers mois, j’ai décidé de n’acheter aucun vêtement. J’ai facilement détourné mon attention des sites de marques, des tentations des vitrines de magasins, mais j’ai continué à lire ces blogs éthique/lifestyle…et ce sont eux qui ont représenté une grosse tentation de trahir ma démarche de non consommation !!

    Finalement ces blogs acceptent implicitement que de toute façon, nous vivons dans un monde capitaliste, que nous consommons, que c’est normal de se faire plaisir par l’acte d’achat, que tout cela n’est pas si mal…On pourrait joyeusement continuer à surconsommer dès lors que c’est éthique, on resterait dans la logique du slogan fameux « parce que je le vaux bien »…Le blog de Coline ( et pourquoi pas Coline) est vraiment un exemple de cette façon d’accepter la société de consommation. Elle veut promouvoir la cup, le cruelty free, le véganisme, tout en étant une vitrine au service des marques. A des commentaires critiques l’interpellant sur cette contradiction, elle a répondu qu’elle n’était pas parfaite et que personne ne l’est, qu’elle avait des contradictions comme tout le monde, qu’elle choisissait soigneusement les marques avec lesquelles elle travaillait, mais aussi qu’elle ne voyait pas le mal qu’il y avait à consommer, que cela faisait tourner l’économie, etc…

    Ou alors on peut peut-être être plus optimiste et espérer que ces paradoxes sont des signes annonciateurs de changements plus profonds ? Est-ce parce que nous sommes en transition, avec un pied dans la société de consommation finissante, et un autre tourné vers d’autres aspirations que beaucoup de gens/blogueurs/blogueuses sont dans le flou, le cul entre deux chaises ?

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    1. Merci pour ton témoignage, je te rejoins comlplètement, et effectivement le blog EPP illustre assez bien ça…même s’il faut reconnaître qu’il y a eu des améliorations avec par exemple des articles qui prennent en compte le prix élevé des produits éthiques, ça reste très très axé conso et la lecture politique est assez pauvre. Après ben ouais tout le monde n’est pas politisé, on peut se dire qu’on ne peut pas demander à tout le monde de l’être… Mais je pense qu’en fait ça irait mieux si tout le monde l’était un peu plus justement ! D’autant plus lorsqu’on a une grosse audience… Je suis d’accord par ailleurs avec le fait qu’on a tous des contradictions, moi aussi j’ai des « wishlist » et j’ai reçu plein de trucs à Noël d’ailleurs, et les processus de changements sont long.

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  5. Quelle intéressante réflexion. Elle me fait penser à tous ces combats que nous menons sans aller au fond des choses. Elle me fait penser à la culpabilisation incessante dans notre société. L’enjeu est avant tout éducatif et politique. Prôner une seule solution n’est justement pas la solution. Prendre en compte nos limites pour aller plus loin est une nécessité. Et tu soulignes d’une manière très juste ces limites. Consommer différemment est une urgence. Dans l’urgence nous voulons répondre par la précipitation, la réflexion est cependant si nécessaire. Réfléchir et agir. Beaucoup disent que le bio, la consommation responsable, tout ça, n’est qu’une « mode ». Car tout est perçu comme éphémère dans notre société de consommation, même ce qui s’y oppose. Il faut valoriser une dimension durable… Et réfléchir avant tout aux motivations de chacun à changer nos habitudes de consommation ainsi qu’aux limites qui nous y empêcheraient. Tout n’est pas question de volonté, il y a un aspect psychologique si fort dans tout ça. Je ne sais pas trop si mon commentaire est cohérent vis-à-vis de ce que tu dis dans ton article… En tout cas, je me suis aussi posée beaucoup de question sur le boycott, surtout depuis que j’ai écouté l’épisode bonus de La Poudre « Fashion Révolution » à propos du Rana Plaza. Tout ça me paraît si complexe, mais je crois que tu poses les bonnes questions.

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  6. Merci pour cette réflexion très constructive !
    Je crois profondément que la solution n’est pas dans la consommation éthique mais dans le changement de comportements (et il est bien difficile), de modes de vie…
    C’est un long chemin pavé d’obstacles mais en prendre conscience est un premier pas, le tout étant de garder son jugement « éveillé » !

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    1. Je te remercie pour tes commentaires, je suis vraiment heureuse que cela crée des échanges constructifs ! Au plaisir d’échanger 🙂

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  7. Merci pour ce très bon article, et merci aux autres commentatrices (à moins qu’il n’y ait des commentateurs aussi), c’est un débat très intéressant.
    Pour l’alimentaire, je maîtrise à peu près. Pour les vêtements par contre … j’essaie de limiter la fast fashion mais je n’ai pas l’argent et le courage d’investir dans de l’achat éthique (et si ça s’abîme vite quand même ? et si ça ne me correspond pas, sachant que c’est très difficile de revendre sans trop perdre ?). Après des années de friperies parce que petit budget, il y a aussi un côté confortable à pouvoir me rendre dans un magasin classique.

    J’ai bien conscience que comme les autres, je peux tomber dans des raisonnements comme tu évoques. Le « je le vaux bien / je le mérite ». Si on travaille à un rythme un peu prenant avec un minimum de salaire en face, le plaisir mérité devient vite un achat …
    Si tu as des livres sur la morale, ou la consommation, je prends ! Comme toi, les raccourcis un peu faciles et un peu tièdes d’une partie des blogs me laissent sur ma faim.

    Sur un sujet connexe, la blogueuse Armalite de Leroseetlenoir parlait d’être utile dans la société. Avant même d’y arriver, ce serait déjà super de ne pas être nuisible.

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    1. Mais mais mais je ne t’avais pas répondu ? Quelle honte ! Oui je comprends entièrement ce que tu dis, et il n’y a pas de raison de s’autoflageller parce qu’on est entré une fois ou deux dans un magasin pour acheter un truc neuf. Tiens là par exemple je cherche un mixeur, près de chez moi les trucs d’occasion sont très bof niveau qualité, je vais peut être en acheter un neuf pas spécialement éthique, bon ben… est-ce si grave ? Je ne crois pas. C’est aussi le sens de mon article, si on a en tête les limites de l’action individuelle, on est plus indulgent avec soi même et les autres. Concernant les bouquins, ça dépend sur quels sujets en fait. Sur la consommation, je crois qu’il y a pas mal de choses en sociologie de la consommation, mais plus ou moins agréables à lire selon les cas. Ensuite il y a des livres accessibles qui sans être des manifestes politiques donnent des exemples d’initiatives collectives, comme Un million de révolutions tranquilles de Bénédicte Manier

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  8. Merci pour ton article! Je ressens le même malaise à la lecture de ces blogs, et j’en apprécie d’autant plus ceux qui ne sont pas dans cette démarche de « consommer pour être éthique »: par exemple, Echos Verts et Végébon pour n’en citer que deux.
    Sur un questionnement finalement assez similaire, je te conseille la lecture du livre « La bio, entre business et projet de société » (je ne me rappelle plus de l’auteur/trice :/ ) vraiment accessible et intéressant. (En gros, manger bio pour sa santé, autant manger bio de supermarché, et manger bio pour changer le monde, nécessite d’investir temps/connaissances/et un peu plus d’argent. Mais je digresse!)
    Vraiment, j’apprécie beaucoup ton blog et tes questionnements pragmatiques!

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    1. J’apprécie beaucoup ce typde de digression, continue surtout 😀 ! Je te remercie pour ton commentaire, je connais les blogs dont tu parles et je les aime vraiment bien, j’échange souvent avec Natasha d’Echos Verts d’ailleurs ! Merci aussi pour le conseil de lecture

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  9. Un article très intéressant ! J’essaie moi-même de changer mon mode de consommation, étant une acheteuse très compulsive (j’en ai fait un article récemment d’ailleurs) mais il est vrai que ce n’est pas évident ! En tous cas merci pour ce bel article, passe une belle journée ! 🙂

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  10. Superbe article, j’aime beaucoup ta façon d’écrire et ton point de vue.

    C’est vrai que l’on peut vite se retrouver absorbé par la consommation éthique et penser que cela changera le monde. Cependant, il s’agit toujours de consommation…

    Je partage ton avis avec les blogs défendant les démarches éthiques et anti-consommation, mais qui mettent en avant tout un tas de produits pour pousser à la consommation. C’est un non sens.

    H&M et sa ligne soi disant éthique, quel débat ! J’en ai parlé dans un de mes articles sur la mode éthique, car je déteste tellement ces méthodes de greenwashing. Tant de marques font cela maintenant, c’est désolant :/

    Merci pour cette belle réflexion ! Je vais continuer à lire tes articles 🙂

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  11. Je découvre ton blog et je dois dire que je suis agréablement surprise. Pour deux raisons:
    – Un article mûrement réfléchi, savemment rédigé avec du sens, une question à laquelle il faut répondre, qui ne cherche pas à attirer des foules mais qui pousse à la réflexion et au bon sens de chacun
    – un article d’un blog « éthique » (je découvre ton blog donc je n’ai pas une parfaite connaissance de celui-ci et des thématiques qu’il traite) qui ne pointe pas du doigt les vilains consommateurs de marques grand public, qui ne fait pas se sentir coupable en somme.

    Pour en venir à l’article en lui-même, je dois t’avouer que la question m’a énormément traversé l’esprit ces derniers temps. Au point où à chaque fois que je voyais un article tagué « écolo/éthique » je détournais le regard. Pas que je ne me sente pas concernée par ces questions.
    Mais parce que, comme toi, je trouve l’article assez simpliste voire complètement plat. j’irai un peu plus loin en parlant d’hypocrisie de certains auteurs (un double discours …peut être involontaire mais tout de même…).
    Sans parler de l’effet de mode. Oui le « minimalisme », « la slow-cosmétique », « les marques éthiques » apportent du monde et tout le monde veut sa part du gâteau.

    Pour te raconter un peu ma prise de conscience, elle ne s’est pas faite à base de lecture de bouquins et de blogs green; mais elle s’est faite grâce (j’emploie le terme « grâce » et non « à cause de » car au final c’est une très bonne chose) à des difficultés financières. J’ai repensé mon alimentation et ma consommation quand me déplacer et m’acheter de la viande devenaient un luxe. Aujourd’hui je ne consomme plus vraiment beaucoup parce que c’est devenu une habitude.
    Mais je me suis interrogée « que se passerait-il si tout le monde consommait moins ». Et quand j’essaie de trouver une réponse, elle est très effrayante. Non seulement d’un point de vue économique mais aussi d’un point de vue social.
    C’est à cette conclusion que j’arrive, et peut être que je me trompe.
    Ce qui amène à la question même de cet article « que faut-il faire? ». Je crains ne pas avoir de « vraies » réponses à cette question. D’un côté je pense que la solution ne se trouve pas dans le fait de consommer moins ou de consommer mieux et encore moins dans le militantisme/la politique (puisque les politiques sont financés par le mécénat …).

    Je crois que cette question demande encore plus de réflexion. Merci d’avoir ouvert la porte de la réflexion en ouvrant ce débat.

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    1. Cela me touche énormément que tu prennes le temps d’un commentaire aussi long, je commence donc par te remercier sincèrement ! Je ne suis pas économiste de formation, je ne suis pas capable de prédire ce qui se passerait si tout le monde consommait moins… En revanche si on regarde le nombre de choses qui sont jetées, je pense qu’on a quand-même de la marge avant que cela représente un vrai problème. On a largement moyen de produire moins et surtout autrement. Maintenant, pour la question de savoir comment y parvenir… Comme tu dis la question est délicate. Mais je tiens à souligner que lorsque je parle de militer et de s’engager politiquement, je ne parle pas forcément de partis et encore moins de partis qui ont pour objectif d’arriver à la présidence ! Heureusement il y a d’autres approches politiques, à nous de les découvrir, de se questionner dessus, et peut être de sauter le pas si on se reconnait dedans 🙂 à bientôt !

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  12. Quel article pertinent. Et dense ! Il y a plein d’idées intéressantes ici !
    Effectivement, je te retrouve totalement concernant certains blogs éthiques qui sont de vraies pages de publicités. Je suppose que ces blogueuses se retrouvent prisent entre l’envie d’une société plus éthique et le besoin de payer leurs factures ^^.
    En ce qui concerne le coût élevé des produits éthiques, je suis entièrement d’accord avec toi : la qualité et l’éthique devraient être accessibles à tous. Que ce soit pour les vêtements, les cosmétiques, l’alimentation, la santé, etc. Mais comme tu le mentionnes, les coûts de production des petites séries sont plus élevés et font grimper les prix de ces produits. Cependant, à mon avis, ce qui pèse le plus sur le prix des produits locaux ce sont les charges très élevées (charges salariales, taxes locales, impôts, etc.) qui incombent aux entrepreneurs (et indirectement aux consommateurs) en France.
    Ce qui nous amène à la politique et aux actions citoyennes… Que peut-on attendre d’un gouvernement qui favorise ouvertement les grandes entreprises pendant qu’il prêche l’austérité à son peuple ? Ne sont-ce pas ces personnes / ce système qu’il faut commencer à boycotter ? Ton article sur l’anarchie me laisse penser que tu as déjà un avis sur la question 😉
    Personnellement, c’est un sujet que je n’aborde pas ouvertement sur mon blog. J’aime croire que l’épanouissement individuel est aussi un bon moyen d’atteindre l’épanouissement sociétal et collectif.
    En tout cas je suis très contente de découvrir ton blog. Et je continuerai à te lire avec plaisir.

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    1. Hello ! Merci pour ton commentaire que j’apprécie beaucoup. Effectivement je ne sous estime pas le fait que quand on commence à vivre de son blog ça devient la même contrainte que n »importe quel boulot, il y a des compromis à trouver… Je te rejoins évidemment sur la différence de traitement réservé aux tout petits entrepreneurs par rapport aux grands groupes. Quand on voit que des artisans parfois ne se paient pas pendant des mois pour pouvoir payer leur seul employé, c’est dramatique. Comme tu le dis, j’ai déjà forgé un avis sur la question et j’assume complètement d’essayer d’intéresser mes lecteurs (et lectrices principalement) à ces enjeux politiques, même si les conclusions tirées ne sont pas forcément identiques aux miennes ! Je pense aussi qu’il n’y a pas de contradiction entre épanouissement individuel et social, par contre mon inquiétude c’est que la focalisation sur l’individu se fasse au détriment de luttes collectives… des luttes qui en fait sont parfois ingrates, difficiles, éprouvantes, qui ne sont pas de l’ordre du développement personnel, mais qu’il faut mener quand même. J’espère qu’on aura encore l’occasion d’échanger en tout cas ! Merci encore

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  13. Je fais court et décousu car pas trop le temps de développer : Je me retrouve aussi totalement dans ce que tu dis. Ces chaînes Youtube/blogs qui prônent une consommation plus naturelle ou éthique et qui font, en définitive, du placement de produits. Ok, pour certain.e.s, c’est leur gagne-pain et on y découvre parfois de bons conseils mais je me demande où finissent tous ces produits. J’aimais bien « les cheveux de Mini » à un moment mais le nombre de shampoings qu’elle testait était un peu effrayant.

    Je crois qu’on peut changer nos habitudes par petites touches sans tomber systématiquement dans des achats chers et le dire autour de soi, toujours en rappelant qu’on ne fait pas la morale. J’ai vu plusieurs fois des proches se sentir agressés par des idées Zéro déchet. Ah ah.

    Sur le long terme, la répétition de ces informations, c’est quand même efficace sur certains voire ça les influence 🙂 ! Mais c’est vrai que ce n’est facile pour personne de rester sur des achats vertueux (circuits courts, bio, éthique, français, sans trop d’emballages), notamment dans l’urgence. Combien de fois ai-je dû courir à Carrouf, le soir, car il me manquait ceci ou cela.

    Quant à la modification de nos habitudes de consommation, certes, ce n’est pas une minorité qui changera tout un pays, mais je pense qu’il faut juste se contenter de faire sa part, d’informer les autres l’air de rien, de ramener le sujet sur le tapis sans se préoccuper du résultat. Parfois la mayonnaise prend, parfois pas. Tant pis.

    Quand tu parles de militantisme, je déplore personnellement qu’on puisse si peu parler de politique avec ses connaissances, amis ou collègues, dans la vraie vie ou sur les réseaux sociaux. Je comprends bien que qu’ils aient de bonnes raisons (on ne veut pas se disputer, on ne veut faire connaître ses opinions au travail, on veut juste se détendre). Maiis, quand on est tous exaspérés par nos politiciens, il y a un moment où il faut faire autrement, reprendre les choses en main (même si je ne prétends pas détenir de recette moi non plus). De mon expérience, relayer sur facebook, des informations à caractère féministes/politiques/écologiques ne rencontre pas grand succès. Mais là encore, tant pis. Peut-être sont-ils plus nombreux à les lire, mine de rien. Peut-être que le défilement de ces informations dans leur fil d’actualité attise la curiosité de certains, inconsciemment.

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    1. Je suivais aussi Les cheveux de Mini mais j’avais arrêté comme pas mal d’autres personnes suite à un épisode où elle avait exprimé des positions anti-avortement qui nous avaient pas mal refroidi… Comme tu dis, on peut essayer d’en parler autour de soi, lancer des perches, montrer tout simplement qu’on le vit bien et que ce n’est pas si compliqué. Et ensuite les gens saisissent ou pas ces perches, mais ce n’est pas en leur collant sur la figure qu’ils les saisiront mieux 😀 (oh je tiens une métaphore je crois aha). C’est un peu la même chose quand on parle de politique ou d’autre sujets et qu’on les poste sur les réseaux sociaux : il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit très efficace sous peine d’une grosse déception, mais en même temps j’ai déjà eu des retours en privé de certains de mes contacts qui me confiaient avoir beaucoup réfléchi suite à certains partages, et qui me précisaient qu’ils lisaient même s’ils ne réagissaient pas toujours. Donc comme tu le dis, ne pas penser non plus que c’est inutile ! Plus on est nombreux à le faire dans un réseau de contacts, plus c’est visible… Un autre aspect du problème résidant cependant dans le fait qu’on a vite tendance à interagir surtout avec des personnes qui partagent des centres d’intérêts proches et à former des « bulles » assez peu poreuses aux autres, sur les réseaux sociaux comme dans la vie de tous les jours. Ce n’est pas toujours facile de porter ce message, qu’effectivement on a besoin de reprendre les choses en main… je suis profondément convaincue que c’est indispensable mais après chacun le fait à sa façon et à son rythme, c’est sûr. Merci à toi pour ce commentaire plutôt riche pour un commentaire qui n’avait pas le temps d’être développé 😀

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  14. J’ai beaucoup aimé ton article. Je le trouve très complet et à l’intérêt d’apporter un regard différent sur la question.

    Je ne pense pas effectivement que la solution soit d’acheter tel ou tel produit plus ou moins green pour pouvoir sauver la planète. Consommer pour consommer … même si c’est éthique, l’impact reste assez limité.

    Ce qui reste cependant intéressant est en mon sens de privilégier :

    dans un premier temps l’économie circulaire (troc, échange) ect,
    acheter d’occasion ce que nous ne pouvons pas trouver par ce procédé,
    ou trouver des alternatives gratuites à nos besoins (s’inscrire à la bibliothèque plutôt que d’acheter des livres à la fnac), et seulement si les alternatives précitées ne sont pas possibles, privilégier les produits, certes neufs, mais produits localement, faits pour durer et étant si possible « éthique » (pour l’alimentaire, « la ruche qui dit oui » ou les enseignes telles que « day by day » pour le vrac, reste dans tous les cas de meilleures options que les hypermarchés…).

    Je reste persuadée d’une certaine façon que nous pouvons « voter » avec notre portefeuille, et impacter par nos modes de consommation, certains réseaux de distributions et enseignes.

    De plus en plus d’alternatives s’ouvrent à nous, nous permettant de répondre à nos besoins en limitant au maximum notre impact environnemental et en privilégiant nos entreprises locales.

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    1. Merci pour ton commentaire ! En fait, quelque chose que je n’ai pas abordé, finalement, c’est l’expression elle même que j’ai pourtant mis dans le titre : « voter avec son portefeuille »… en réalité aujourd’hui même nos votes n’ont qu’un impact limité (ça a peut être toujours été le cas ceci dit, c’est même probable), on vote au mieux pour le moins pire… Mais ça ne veut pas dire non plus que ça ne fait aucune différence. Alors c’est vrai que finalement ce parallèle peut fonctionner : on vote avec son portefeuille, ça ne change pas le monde à court terme, mais c’est déjà ça… Je dirais même que pour le coup, c’est possiblement un peu plus efficace que le vote de mon point de vue ^^ ! Ensuite, fondamentalement, tout dépend des objectifs poursuivis. S’il s’agit de réduire notre impact environnemental personnel par exemple, c’est sûr, ce sont de bonnes pistes. Collectivement, ça peut réduire une partie de notre impact à l’échelle d’une population, aussi. Mais un problème se pose toujours : tant qu’il y aura des gens qui seront dans des situations précaires, avec peu d’argent, peu de temps, pas accès à toutes les options… ces personnes choisiront la plupart du temps la facilité et le meilleur rapport temps/prix : le supermarché, Kiabi, etc. Et humainement je le comprends. Du coup, s’attaquer aux problématiques sociales me semble indispensable aussi, et là les questions politiques resurgissent… Cela étant, j’espère avoir bien insisté sur le fait que je soutiens dans tous les cas ces alternatives et j’essaie moi même de les utiliser au maximum 🙂

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  15. Wahou. ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un article aussi passionnant (et passionné !). Je vais faire vite, malheureusement (j’peux pas rester trop longtemps, j’ai radio du pied dans moins de 30 minutes m’dame 😛 ) et aussi concis que je le peux. Je suis 1000 fois d’accord avec toi concernant tes constatations sur la blogo « healthy-ecolo-lifestyle », personnellement, je me fais très VITE chier. Je trouve les articles superficiels, marketés au possible et j’ai l’impression de faire face à une « mode » de plus. Encore un besoin de reconnaissance de beaucoup de gens, ça peut se comprendre – mais en tout cas, je ne blogue personnellement pas pour ça, je veux partager mes découvertes, militer pour un monde plus respectueux et plus juste, faire prendre conscience aux gens que quand on veut changer, même si c’est doucement, on en a la possibilité. Je ne vais pas me citer en exemple car je suis loin d’en être un, mais quand je rédige un article, j’y mets toutes mes tripes, j’essaye de faire le tour du sujet, d’explorer un maximum de facettes, autant que faire se peut. Certain.e.s trouvent que je fais trop long, mais je m’en fous, je ne peux pas faire autrement, parce que traiter un sujet à moitié, c’est comme de ne pas le traiter du tout. Je suis contente d’être à face à quelqu’un qui partage ce point de vue.
    Le côté économique de cette tendance écolo est extrêmement bien traité (juste bravo, j’applaudis des deux mains) et c’est sûr: tout le monde ne peut pas se permettre de passer à des alternatives responsables (qui parfois…n’en sont pas vraiment !), mais aussi beaucoup plus chères. Mais dans beaucoup de ces autres possibilités soit disant plus écologiques et équitables, je vois « achat » et je crois qu’il n’est pas toujours nécessaire d’acheter pour faire mieux. C’est une logique capitaliste de plus à laquelle il faut faire grandement attention, car comme tu dis, on se fait vite prendre au piège. J’essaye, dans chacun de mes articles, de me mettre systématiquement à la place de quelqu’un qui n’a pas les moyens et de proposer une solution dans ce cas précis, parce qu’il n’y a décidément pas de raison.
    S’engager du côté de la planète et des comportements durables et responsables n’est pas facile, on fait des erreurs, on apprend, on tâtonne un peu mais je crois qu’on avance. Et je pense que l’on doit retenir ces petits pas comme le début de quelque chose d’important.
    Court, j’avais dit ?
    Bref, je file à ma radio, merci beaucoup pour ce papier. Belle journée !

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    1. J’aime les commentaires longs moi héhé ! Le format des articles est une vraie question en effet, je crois que je vais de plus en plus assumer de faire long aussi au lieu de m’arracher les cheveux aha 😀 En tout cas je te remercie énormément pour le commentaire, les compliments et le reste….à bientôt 🙂

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  16. Bon ben je crois qu’internet a mangé le long commentaire écrit l’autre soir depuis mon hôtel, et là je n’ai plus le courage de tout réécrire! Mais je voulais quand même apporter mes two-cents.

    Ton article, et en particulier le voter avec son portefeuille, m’a fait beaucoup réfléchir ces dernières semaines. En effet c’est une façon de mettre l’argent au centre du débat, c’est celui qui donne le pouvoir aux personnes – et ceux qui n’en ont pas, eh bien n’ont pas droit de discuter. Je n’avais jamais fait attention mais c’est un discours assez violent et manipulateur (« viens acheter chez moi tu fais une bonne action et tu te sentiras bien avec ta conscience »). Je sais que ça coule de source mais enfin, je voulais te remercier 🙂

    Après, au sujet de la « mode éthique » sur les blogs. Moi, ça me saoule. Ce que je lis parfois, en apercevant un titre accrocheur, est souvent plat et suit les mêmes codes que la consommation de masse. En grande fan de DIY, je voudrais lire des blogs qui travaillent sur deux points en particulier:

    – le fait que nous avons abandonné notre capacité à connaitre les vêtements et ainsi à en évaluer la qualité.
    – le fait que nous avons abandonné notre capacité à prendre soin de et à réparer les vêtements.
    Je voudrais comprendre comment reconnaitre une chaussure de qualité. Les seuls sites qui expliquent bien tout cela sont ceux des souliers masculins.

    C’est ma démarche, elle n’est pas militante mais veut revenir à la base: mes grands-mères savaient reconnaitre une belle pièce, comment était cousu le coton, que regarder avant d’investir dans une paire de chaussure. Evidemment elles ne remplissaient pas à chaque saison des sacs poubelles pleins de fringues fatiguées après trois lavages. On n’avait pas encore abandonné aux marques notre capacité à chercher, choisir, comparer. On apprenait à remettre à la mode un beau manteau de laine un peu daté grâce aux couturières.

    J’ai la chance d’avoir une belle-mère couturière passionnée qui aime trouver des tissus et refaire les patrons de mes vêtements préférés. Mais il en existe beaucoup d’autres et elles adorent avoir de nouveaux projets sur lesquels bosser, pourquoi ne pas aller les trouver comme alternative à l’achat? Je trouve qu’on n’en parle pas assez de toutes ces petites mains 🙂

    Bref, je divague et je dois y aller. A bientot Irène

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    1. Merci beaucoup pour tes gentils mots et pour la réflexion que tu apportes ! Il est clair que la première démarche « éthique » est déjà de faire durer les choses que l’on a… et donc de choisir des produits susceptibles de durer. Comme tu dis, il est bien possible que cela se perde…

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  17. Je découvre ton blog grâce à l’article de Natasha de EchosVerts. Quel plaisir de lire ton article, je partage tout à fait ton point de vue. Je tiens justement un blog « éthique » que je qualifie plus de « slow » d’ailleurs et j’ai beaucoup traité du sujet de la slow consommation. Ma philosophie repose sur le principe que l’on a plein de choses dans ses placards et que l’on peut les détourner de leur fonction première ou les transformer pour réaliser de nouvelles choses. Je traite beaucoup du sujet des vêtements car un sujet qui me touche profondément, l’effondrement du Rana Plaza a été une réelle prise de conscience des ravages de la mode jetable autant sur les ouvriers du textile que sur l’environnement ou sur les consommateurs. J’ai réalisé beaucoup d’articles DIY où j’explique comment transformer ses vieux vêtements en autres vêtements où accessoires de mode. J’ai ma petite communauté qui me suis mais le fait que je ne présente que très rarement de produits et quand c’est le cas c’est que c’est une commerçante ou une créatrice pour qui j’ai un réel coup de cœur fait que mon blog n’est pas bankable, je ne vois pas comment je pourrais le monétiser un jour pour vivre de mes convictions. Et voilà on en revient toujours à la question de l’argent et c’est là tout le nœud du problème. Je me suis beaucoup questionné sur le sujet pour savoir si je devais prendre ce chemin j’ai essayé de me convaincre en me disant que c’était plutôt une démarche honorable de mettre en avant les marques/entreprises qui œuvraient pour des modes de production plus écologique, des conditions meilleures de travail. Mais comment être certaine que tout cela ne repose pas sur du greenwashing?

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    1. Merci à toi pour ton gentil commentaire ! Je vais aller voir ton blog 🙂 Je pense que ce n’est pas forcément un problème de parler de petits créateurs si on aime ce qu’ils font et qu’on considère que c’est de la qualité, ce qui m’inquiète c’est davantage le fait de considérer que c’est la solution par excellence…

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